Nos tâches dans la situation actuelle

Charu Majumdar

Le gouvernement du Congrès a arrêté un millier de communistes au cours du mois dernier. La plupart des dirigeants centraux et provinciaux sont aujourd’hui en prison. Gulzarilal Nanda a annoncé qu’il n’accepterait pas le verdict de l’électorat (et il ne l’a pas accepté), et a commencé à raconter d’absurdes histoires à propos de la guérilla. Cette offensive contre la démocratie a été déclenchée à cause de la crise interne et internationale du capitalisme. Le gouvernement indien est progressivement devenu le partenaire politique principal de l’impérialisme américain dans son expansion vers l’hégémonie mondiale. L’objectif principal de l’impérialisme américain est d’asseoir l’Inde comme base réactionnaire principale en Asie du Sud-Est.

La bourgeoisie indienne est incapable de trouver comment résoudre sa crise interne. La crise alimentaire chronique, ses niveaux de prix croissant sans cesse créent des obstacles pour le plan quinquennal. En conséquence de ceci, il n’y a pas d’autre manière pour la bourgeoisie indienne de sortir de cette crise sinon d’importer de plus en plus de capitaux impérialistes anglo-américains. Résultat de cette dépendance envers l’impérialisme, la crise interne du capitalisme ne peut pas manquer de s’intensifier jour après jour. La bourgeoisie indienne n’a pas été en mesure de trouver d’autre façon que celle de tuer la démocratie, confrontée aux instructions de l’impérialisme américain et à sa propre crise interne. Il y avait des consignes impérialistes derrière ces arrestations, puisque « Macbright », le chef de la police américaine, était à Delhi durant l’arrestation des communistes, et les arrestations généralisées n’ont eu lieu qu’après des discussions avec lui. Il ne peut y avoir aucune solution à cette crise en tuant la démocratie, et la bourgeoisie indienne ne sera pas non plus capable de résoudre cette crise. Plus le gouvernement dépendra de l’impérialisme, plus il échouera à résoudre sa crise interne. De jour en jour, le mécontentement populaire augmentera et de jour en jour, le conflit interne de la bourgeoisie ne manquera pas de s’intensifier.

Comme condition préalable à l’investissement, le capital impérialiste exige l’arrestation de communistes ; de même, il veut aussi une solution temporaire au problème alimentaire. Pour résoudre cette crise alimentaire, certaines mesures pour arrêter le commerce et la réalisation de bénéfices excessifs dans l’alimentation sont nécessaires, et c’est pour ceci que la régulation est nécessaire. Dans un pays à l’économie arriérée tel que l’Inde, cette régulation fait invariablement face à l’opposition d’une large section. Ce conflit de la bourgeoisie n’est pas principalement un conflit entre les capitalistes de monopole et la bourgeoisie nationale. Ce conflit oppose principalement la communauté des affaires et les industriels de monopole. Dans un pays à l’économie arriérée, le commerce des denrées alimentaires et des produits de première nécessité est incontournable pour la création de capital et la régulation crée des obstacles dans la création de ce capital. En conséquence de cela, le conflit interne prend la forme d’une crise interne. L’Inde est un vaste pays. Il n’est pas possible de gouverner les 450 millions d’habitants de ce pays en suivant une politique de répression. Il n’est possible pour aucun pays impérialiste d’assumer une si grande responsabilité. L’impérialisme américain compose à l’agonie pour respecter son engagement envers ces pays du monde auxquels il a assuré de fournir une aide. Pendant ce temps, une crise industrielle s’est développée en Amérique. On peut voir dans les paroles même du président Johnson que le nombre de chômeurs augmente dans le pays. D’après le communiqué officiel, quatre millions de personnes sont tout à fait sans travail ; 35 millions de personnes travaillent à temps partiel et le travail à temps partiel continue également dans les usines. Donc le gouvernement indien ne parviendra pas à mettre fin au mécontentement toujours grandissant de la population. Cette attaque contre la démocratie transformera inévitablement le mécontentement populaire en luttes. Des indications de la forme du mouvement de protestation de demain apparaissent dans le mouvement linguistique de Madras. Par conséquent, la période à venir n’est pas simplement une période d’importantes luttes, mais aussi une période d’importantes victoires. Le parti communiste devra donc assumer la responsabilité de diriger ces luttes révolutionnaires populaires dans la période à venir, et nous ne serons en mesure de nous acquitter de cette responsabilité avec succès que quand nous serons capables de bâtir l’organisation de parti en tant qu’organisation révolutionnaire.

Quelle est la base principale pour la construction d’une organisation révolutionnaire ? Le camarade Staline a dit : « La base principale pour la construction d’une organisation révolutionnaire est le cadre révolutionnaire ». Qui est un cadre révolutionnaire ? Le cadre révolutionnaire est celui qui peut analyser la situation de sa propre initiative et peut adopter les politiques conformément à celle-ci. Il n’attend l’aide de personne.
Nos slogans organisationnels :

- Chaque membre du parti doit former au moins un Activist Group de cinq. Il donnera une éducation politique aux cadres de cet Activist Group.
- Chaque membre du parti doit veiller à ce que personne de ce groupe ne soit exposé à la police.
- Il faut un endroit clandestin pour les réunions de chaque Activist Group. Le cas échéant, des abris pour garder une ou deux personnes dans la clandestinité devront être aménagés.
- Chaque Activist Group doit avoir une personne déterminée pour les contacts.
- Un endroit doit être aménagé pour cacher les documents secrets.
- Le membre de l’Activist Group doit être nommé membre du parti dès qu’il devient un spécialiste du travail et de l’éducation politique.
- Après qu’il soit devenu membre du parti, l’Activist Group ne doit avoir aucun contact avec lui.

Il faut fermement se conformer à ce modèle organisationnel. Cette organisation prendra elle-même la responsabilité de l’organisation révolutionnaire à l’avenir.

Quelle sera l’éducation politique ?

La base principale de la révolution indienne est la révolution agraire. Par conséquent, le slogan principal de la campagne de propagande politique sera – Faire de la révolution agraire un succès. C’est à la mesure de notre capacité à propager le programme de révolution agraire parmi les travailleurs et la petite-bourgeoisie et de les y instruire qu’ils seront sensibilisés à l’éducation politique. Chaque Activist Group doit discuter de l’analyse de classe parmi la paysannerie et de la propagande du programme de la révolution agraire.

VIVE LA REVOLUTION

(Source)