« Titli, une chronique indienne »

Entre polar et drame social, Kanu Behl signe le portrait nerveux d’une Inde corrompue.

in des romances sirupeuses débitées à la chaîne par Bollywood, cette chronique indienne colle au train de Titli (« papillon » en hindoustani), benjamin d’une fratrie de braqueurs de voitures qui, toujours en mouvement – le film est d’abord physique -, rêve d’échapper au déterminisme familial. Entre polar et drame social, Kanu Behl, coup d’essai, coup de maître, plonge dans la brutalité de New Delhi, choisit le néoréalisme, table sur le naturel d’acteurs non professionnels et dresse le portrait sans concession d’un pays corrompu.

Dans cette Inde des sans-voix, le réalisateur s’offre aussi le luxe de blouser un système patriarcal rétrograde en accordant au sexe dit faible un rôle majeur : à mi-parcours, Titli se voit marié contre son gré à une jeune femme impertinente, moderne et futée, appelée à devenir sa très précieuse alliée. L’émancipation du héros peut enfin se lire comme la métaphore de celle d’une nouvelle vague alternative indienne conduite par Anurag Kashyap (« Gangs of Wasseypur ») qui cherche, avec un talent parfois brouillon mais toujours stimulant, à s’extraire par le haut du modèle dominant.

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