Nucléaire en Inde: Il faut prendre des mesures contre Areva pour avoir fourni des pièces de qualité inférieure, de faux certificats de qualité

EAS Sarma, l’ancien secrétaire du gouvernement de l’Inde, a exigé qu’une action soit lancée pour mettre sur une liste noire la société fournisseuse de pièces, Areva, et sa filiale, Creusot Forge, pour l’empêcher de faire des affaires en Inde. Citant divers événements et rapports, M. Sarma, dans une lettre adressée au secrétaire du Département de l’énergie atomique (DAE), affirme que la société française a falsifié des certificats de qualité et fourni des pièces de qualité inférieure. La même entreprise devrait également fournir des équipements pour la centrale nucléaire de Jaitapur au Maharashtra.

« Alors que la US Nuclear Regulatory Commission (NRC) n’a eu aucune hésitation à divulguer ces détails au public, le DAE de l’Inde semble rester secrète à ce sujet pour des raisons mieux connues. Il y a de sérieuses préoccupations en matière de sécurité publique, en plus du fait que le DAE a adopté une procédure non concurrentielle hautement non transparente pour choisir l’entreprise et négocier le prix », écrit-il au Dr Sekhar Basu, secrétaire du DAE.

Il ajoute: «Étant donné qu’Areva n’a rien fait de mieux que de produire une fausse attestation, je pense que le DAE devrait révoquer l’accord, s’il en est, conclu avec Areva, même si le Premier ministre de l’Inde a signé un accord Avec son homologue français. Apparemment, le DAE n’avait pas informé le Premier ministre des implications de la signature d’un tel protocole. »

À l’appui de son plaidoyer, M. Sarma a fait état de divers incidents nucléaires qui ont eu lieu en raison de l’insuffisance des fournitures de pièces d’Areva, y compris le rapport sur la crise de l’industrie nucléaire en France, du 9 novembre 2016, dans lequel l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avait interrogé les entreprises françaises de fabrication nucléaire, à savoir EDF et Areva, sur la mesure dans laquelle leurs installations présentent des composants de qualité inférieure et leurs effets négatifs sur la sécurité de ces installations.

« Ce sont là des questions sérieuses sur lesquelles DAE et Nuclear Power Corp of India Ltd (NPCIL) ne peuvent pas se permettre de feindre l’ignorance et prétendre que le public ici en Inde ne viendrait jamais à connaître ces développements. Le DAE, présidé par le Premier Ministre lui-même, a l’obligation morale de s’attaquer à ce problème et d’informer le public de l’ampleur du problème et des mesures correctives prises. Cela est important dans le contexte de la signature par le Premier ministre d’un accord avec la France plus tôt et d’un accord maintenant avec le Japon sur la coopération bilatérale dans le domaine du développement de l’énergie nucléaire », a déclaré l’ancien secrétaire du Cabinet.

A la lumière de la réaction décourageante des autorités, M. Sarma dit: «Je suis étonné et éprouvé par la façon dont le DAE a choisi de rester totalement insensible à mes nombreuses lettres de mise en garde sur le sujet et a opté pour la proposition de négocier avec Areva. Cela, à mon avis, est hautement répréhensible et soulève des préoccupations à la fois technique et financière. Une enquête indépendante, je suis sûr, mettra en lumière les craintes que j’ai exprimées. Ce qui m’afflige le plus, c’est que le régulateur indien, l’AERB, a choisi de rester passif, sans ouvrir les yeux ni les oreilles aux révélations publiques faites par les régulateurs français et américains. Malgré ma mise en garde contre le DAE, si d’autres négociations sont menées avec Areva, le gouvernement prendra un risque sérieux », ajoute-t-il.

En outre, ridiculisant l’ignorance du DAE concernant l’implication soudaine de la Chine, M. Sarma dit que « le DAE n’a pas même daigné accuser réception de ma lettre. Soit le DAE est ignorant de ce développement ou il souhaite délibérément garder le public dans l’obscurité sur l’entrée en scène des Chinois. Est-ce que le DAE n’est pas préoccupé par le fait de placer la soupape de carburant du projet Kovvada entre les mains de la Chine?

En dépit des efforts divers de M. Sarma, son plaidoyer semble tomber dans l’oreille d’un sourd. Il semble n’y avoir aucune action efficace de la part des autorités, montrant un mépris étonnant pour la sécurité des citoyens. Cela a amené M. Sarma à franchir la prochaine étape et à envoyer une copie de sa lettre au Bureau du Premier ministre (PMO) demandant que cette question soit soumise au Premier ministre lui-même pour avoir une vue objective conforme à l’intérêt public.

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