L’Inde commande 100 obusiers K-9 à la Corée du Sud

Séoul et New Delhi se rapprochent dans le domaine militaire. L’obusier autopropulsé sud-coréen K-9 sera ainsi bientôt opérationnel en Inde. C’est le 29 mars dernier que le gouvernement indien a signé le contrat pour en importer 100 unités, dont le montant s’élève à 646 millions de dollars selon la revue britannique de défense IHS Jane’s. Il s’agit de la quatrième vente à l’étranger d’obusiers sud-coréens, suite aux achats de la Turquie en 2001, de la Pologne en 2014 et de la Finlande cette année.

Cet obusier de 155 mm a été développé par les forces armées sud-coréennes. Il a été conçu en 1989, puis produit depuis 1999 jusqu’à présent. 12 mètres de long, 3,4 mètres de large, et 3,5 mètres de haut, il dispose d’un canon de 8 mètres. Il est capable de se déplacer jusqu’à 67 km/h sur route et d’atteindre les cibles éloignées de plus de 40 km, en lançant trois projectiles successifs en moins de 15 secondes en mode de tir rapide, ou encore deux projectiles par minute durant une heure quand il est en mode de tir continu. Quant à son coût unitaire, il est très attractif par rapport à sa performance qui est au meilleur niveau mondial. Actuellement, ces véhicules sont employés pour les opérations de l’armée de terre et l’infanterie de marine sud-coréennes. Sa puissance a été prouvée durant le bombardement de l’île de Yeonpyeong par Pyongyang en novembre 2010.

En plus de ces échanges militaires, les deux nations travailleront main dans la main dans le cadre diplomatique. Elles se sont d’ailleurs mises d’accord le 28 mars dernier sur la création de la conférence dite « 2+2 » qui réunira leurs ministres des Affaires étrangères et de la Défense au courant de l’année. Cette réunion est généralement un canal de discussion réservé aux pays alliés ou amis. La Corée du Sud et l’Inde ont ainsi fait un pas en avant dans leurs relations stratégiques et comptent continuer à marcher ensemble. Elles ont déjà conclu un « partenariat stratégique spécial » ainsi qu’un accord de partenariat économique inclusif (CEPA). L’exportation des obusiers est donc le fruit de ces efforts. En parallèle, elle constitue un contrepoids à l’influence chinoise. Rappelons que tous les secteurs mettent en rivalité l’Inde et la Chine, et que cette dernière s’oppose vigoureusement à l’installation du système américain de défense antimissile à haute altitude (THAAD) dans la péninsule. Face à ce constat, Séoul a logiquement intérêt à élargir les collaborations avec New Delhi. D’autant que cette économie émergente possède un marché séduisant : une croissance à un rythme accéléré et une population aussi importante que celle de l’empire du Milieu. De plus, ses habitants sont les deuxièmes plus grands voyageurs de la planète.

Source

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *