La condamnation à perpétuité du Dr G.N. Saibaba constitue un stimulant moral pour les grandes sociétés minières

Le tribunal de Gadchiroli, au Maharashtra a condamné le Prof. Dr G.N. Saibaba, l’étudiant de la JNU Hem Mishra, l’ancien journaliste freelance Prashant Rahi, Mahesh Tirki, Vijay Tirki et Pandu Narote en tant que «maoïstes» et les a tous condamné à la réclusion à perpétuité, à l’exception de Vijay Tirki, condamné à 10 ans de prison. L’affaire pour laquelle ces six personnes ont été condamnées date d’à peu près quatre ans, lorsque le militant étudiant Hem Mishra a été arrêté au Maharashtra et accusé par la police d’être un «courrier maoïste». En mai 2014, ils ont arrêté pour la même raison le Dr G.N. Saibaba, un professeur paraplégique. Le mois-même où Narendra Modi est arrivé au pouvoir à New Delhi.

Lorsque le juge de première instance a condamné les six en vertu des articles 13, 18, 20, 38 et 39 de la Loi draconienne sur les activités illégales (prévention) (UAPA), il a suscité un regain parmi les étudiants, les jeunes et les militants démocratiques de tout le pays qui ont critiqué ce verdict et ont appelé à un appel immédiat auprès d’un tribunal supérieur pour annuler le jugement et de nombreuses organisations ont exigé une libération immédiate des prisonniers politiques accusés à travers tout le pays par le gouvernement en vertu de l’UAPA dans le but de juguler la croissance de la dissidence démocratique envers les politiques pro-entreprise menée par le gouvernement central et ceux des États de l’Inde.

Selon l’accusation, les six auraient travaillé comme courriers maoïstes et auraient aidé les maoïstes de la région à répandre des troubles dans les zones urbaines. Il est allégué que le Prof. Dr G.N. Saibaba, qui est handicapé à presque 90%, a contribué à organiser le mouvement maoïste dans les villes. Or la seule preuve que l’accusation a pu présenter à la cour était la littérature saisie sur son disque dur par la police et d’autres livres sur le marxisme qui ont également été saisis dans sa maison. La police a pu saisir une clé USB chez Hem Mishra, qui est utilisée comme une preuve incriminante contre lui et d’autres. La clé USB et les papiers saisis chez Hem Mishra aurait, dit-on, conduit les policiers au Professeur Dr G.N. Saibaba.

L’ensemble de l’accusation était fondé sur les «aveux» de Mahesh Tirki et Pandu Narote; Alors que ces aveux, qui peuvent être extorqués par la police via une torture inhumaine et étendue, sont rejetés par la cour de justice et ne sont pas considérés comme des preuves crédibles, le verdict de la cour inférieure a agi en contradiction cette fois. Le Procureur s’est fortement appuyé sur l’activisme politique du Dr G.N. Saibaba pour l’accuser d’être membre du PCI(maoïste),  interdit, que le gouvernement indien appelle la principale menace à la mise en œuvre de sa politique économique pro-trusts et néo-libérale menée à travers les ceintures tribales de l’Inde.

Dans un verdict historique, la Cour suprême a statué en avril 2011, en accordant une libération sous caution au militant Binayak Sen que la simple possession de littérature maoïste ne signifie pas qu’on est un maoïste. En mai 2015, la Haute Cour du Kerala a jugé qu’ «être maoïste n’est pas un crime» et qu’une personne ne peut être poursuivie que si elle a agi illégalement tout en poursuivant la ligne maoïste. La possession de simple littérature maoïste ou le soutien à l’idéologie au niveau de principe n’a pas été considéré comme un crime ou une complicité de crime par ces deux tribunaux, cependant, le dernier jugement du tribunal n’a pas suivi les décisions de la haute cour et de la cour suprême du Kerala visant à défendre la liberté individuelle de croire à une idéologie politique, que l’anti-populaire et pro-entreprise UAPA tente de renverser.

Depuis le début du nouveau millénaire, l’Inde a connu une augmentation rapide de la vendetta d’État contre les activistes et les travailleurs politiques qui s’opposent aux politiques pro-corporatives adoptées par les gouvernements successifs, dirigés par le Congrès et le BJP. Les accusations contre les partisans du mouvement des peuples tribaux contre l’expulsion forcée d’être des sympathisants maoïstes et les activistes maoïstes ont augmenté et à une époque où le pays est ébranlé sous la force de l’offensive fasciste liée à l’Hindutva contre la liberté d’expression et les droits démocratiques des personnes à ne pas être d’accord avec la vision du bloc dirigeant, ce type de chasse aux sorcières aide le BJP au pouvoir à consolider sa position en effaçant une véritable opposition.

Des manifestations à grande échelle sont prévues à Delhi et d’autres endroits contre le verdict et beaucoup d’organisations internationales portent la demande d’une libération inconditionnelle du professeur et des autres condamnés ainsi qu’un arrêt immédiat de la «Opération Green Hunt», la guerre menée par le gouvernement indien en connivence avec les grandes sociétés minières contre les populations tribales pauvres de l’Inde en vue de les expulser de leur terre et de leurs moyens de subsistance afin que les ressources minérales cachées sous le sol puissent être extraites par des sociétés étrangères et indiennes à un prix dérisoire.

Même lorsqu’un tribunal inférieur condamne ces six militants sur des accusations fantaisistes dirigées par la police et les appareils étatiques contrôlés par les forces anti-communistes et pro-corporatistes, le gouvernement Modi, qui considère les forces démocratiques et de gauche comme son ennemi principal, ne laissera passer aucune occasion de les atteindre et de développer une propagande nationale contre ces mêmes personnes, organisations, militants, etc. qui font entendre leur voix contre la brutale élimination du mouvement des peuples tribaux contre leur expulsion forcée. Le gouvernement Modi utilisera toutes les formes d’outils de propagande de la RSS (secte extrémiste hindou NDT), y compris les appareils d’État, pour étiqueter quiconque critique les politiques anti-populaires du gouvernement, comme anti-nationales et terroristes pour envoyer des signaux politiques aux élites des castes supérieures qui constituent le réservoir de vote du BJP.

À l’ère, où un mouvement néo-colonial est mené dans le monde entier par le bloc occidental dirigé par les États-Unis et sous l’apparence de l’économie néolibérale, quand les grandes sociétés de capitaux monopolistiques étrangers gouvernent le monde à travers une foule de «gouvernements amis», les forces qui osent résister à l’expulsion forcée des paysans des terres agricoles, des tribus des forêts ou des bidonvilles pauvres de des villes, sont qualifiées de «terroristes» dans le monde entier. En Inde, les gouvernements successifs, dirigés soit par le Congrès, soit par le BJP, les deux plus fiables lieutenants de la Banque mondiale et du FMI, ont également qualifié ceux qui résistent aux tentatives de vendre le pays et ses ressources au monopoles étrangers et au capital financier, comme étant « anti-nationaux « ou » terroristes  » dans le but de limiter leur liberté de critiquer les mécanismes de l’État et ses politiques anti-populaires.

Dans un élan démocratique, par souci d’indépendance et pour préserver la souveraineté du pays de la menace d’une agression corporatiste parrainée par des sociétés basées à Wall Street, le peuple se mobilise en grand nombre dans les rues afin de protéger ses terres, ses moyens d’existence et l’environnement. Les luttes de masse contre l’agression étrangère et domestique des entreprises sont la locomotive d’un grand mouvement de changement social qui vise à empêcher la vente du pays par les ministres, les bureaucrates et les voyous sans scrupule qui grouillent dans les couloirs du pouvoir à New Delhi et d’autres capitales aujourd’hui.

La condamnation du Professeur Dr G.N. Saibaba et des cinq autres en tant que sympathisants maoïstes peuvent être contestés dans les tribunaux supérieurs, mais l’incident est lui-même un grand revers pour ceux qui luttent contre les forces agressives du fascisme Hindutva, qui est maintenant financé largement par les grandes sociétés de l’Inde et de l’étranger et utilisé comme un vaisseau pour transmettre leur programme de pillage de l’Inde jusque dans les coins les plus reculés du pays.

Source

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *