En Inde, Pepsi et Coca Cola utilisent l’eau des rivières du Tamil Nadu alors que la population souffre d’une grave sécheresse.

Dans l’Etat du Tamil, à l’extrême sud de l’Inde, deux usines produisant des boissons pour Pepsi et Coca Cola ont dû fermer temporairement sur décision de la cour d’appel locale. La justice a accepté la plainte d’une association qui les accuse d’utiliser l’eau de la rivière locale à des fins commerciales alors que la population souffre d’une grave sécheresse depuis plus d’un an.

Les usines de sodas et les riziculteurs sont en concurrence pour l’eau

Cette sécheresse est due avant tout aux pluies très faibles depuis un an dans cette région tropicale du Tamil Nadu. La production agricole sur place se compose essentiellement de riz, les paysans inondent habituellement leurs champs grâce aux rivières ou au nappes phréatiques. Or, il y a tellement peu d’eau aujourd’hui que peu de paysans ont pu planter le mois dernier. Toute l’agriculture vivrière est donc menacée, et avec elle la survie de la population.

Les deux usines de Pepsi et Coca Cola sont celles qui consomment le plus d’eau dans la région. Elles entrent directement en concurrence avec les agriculteurs locaux puisque pour produire leurs sodas et leur eau en bouteille, elles utilisent les mêmes sources.

« Nous n’avons même pas d’eau à boire, ce n’est pas normal qu’une entreprise s’en serve pour produire et vendre des sodas » confie un plaignant.

L’intérêt général avant l’intérêt commercial

La haute cour de Madras a jugé qu’il était de l’intérêt général de protéger l’accès de l’eau à la population, en empêchant sa commercialisation par des sociétés privées. Elle a donc demandé la suppression de l’approvisionnement en eau des deux usines Coca Cola et Pepsi jusqu’au 8 janvier prochain.

Ce n’est pas la première fois que les deux entreprises font face à une telle opposition. L’an dernier dans le même Etat, d’énormes manifestations ont empêché l’ouverture d’une usine Coca Cola. Les agriculteurs craignaient que les sources d’eau, déjà à un niveau critique, soient vidées. Le gouvernement local, qui avait pourtant déjà vendu le terrain, a dû faire marche arrière.

Il y a deux ans, L’extension d’une autre usine Coca Cola dans le nord de l’Inde a été refusée par les autorités. Elles ont considéré que les nappes phréatiques étaient déjà surexploitées. Il faut dire qu’un quart du territoire indien est en voie de désertification.

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