Seconde interview de Ganapathy novembre 2010

 

Récemment, certains journalistes, et notamment Rahul Pandita du magazine OPEN, ont envoyé quelques questions au Camarade Ganapathy, le Secrétaire général du PCI (maoïste). Le martyre du Camarade Azad, membre du Politburo et porte-parole du parti, les pertes continues de la direction centrale du parti, la question des pourparlers avec le gouvernement, le déluge des mouvements de masse militants dans de nombreux domaines, la situation du mouvement révolutionnaire dans les zones urbaines et les plaines, la position du parti sur des questions contemporaines comme le mouvement populaire du Cachemire, les jeux du Commonwealth, le jugement de Babri Masjid sont quelques-unes des questions sur lesquelles le Camarade Ganapathy s’est concentré et a donné ses réponses. Nous espérons que cette entrevue sera utile pour connaître la position et la compréhension de la situation actuelle du parti.

– CC, PCI (maoïste)

 

Question : Beaucoup de gens pensent que votre parti a subi un grave contrecoup avec la mort d’Azad. Quelles sont les circonstances qui ont conduit à sa mort ? Comment évaluez-vous le rôle joué par Azad dans la Révolution Indienne? Comment prévoyez-vous surmonter sa perte ?

CAMARADE GANAPATHY: C’est vrai, notre parti a subi un grave contrecoup avec la mort du Camarade Azad. Azad a été l’un des plus hauts dirigeant de notre parti. Il dirige la révolution indienne depuis longtemps. Dans notre pays, la Guerre Populaire s’intensifie de jour en jour. Avec l’aide et le soutien des impérialistes, en particulier les impérialistes américains, les classes exploiteuses dirigeantes indiennes tentent de réprimer le mouvement révolutionnaire et commettent de graves et impitoyables atrocités sans précédent. Dans cette guerre entre le peuple et les classes dirigeantes, l’ennemi s’est surtout concentré sur les Camarades comme Azad qui dirigent la révolution et complotent pour les assassiner. C’est dans le cadre de cette conspiration que le Camarade Azad a été capturé et tué de la manière la plus brutale et lâche. Le ministre de l’Intérieur Chidambaram, qui est à la tête de l’avant-garde de la «guerre contre le peuple» lancée par le gang Sonia- Manmohan-Chidambaram, ainsi que les agences de renseignement central et le SIB d’Andhra Pradesh sont directement responsables de cet horrible assassinat.

Le Camarade Azad était à la tête du mouvement urbain dans son ensemble au nom de notre Comité Central et s’occupait aussi de la propagande politique, des périodiques du Parti, de l’éducation du Parti et d’autres responsabilités importantes. Il était un dirigeant de masse des plus fiables. Il a maintenu des relations étroites avec de nombreux Camarades à différents niveaux et avec les masses révolutionnaires. Au milieu de la répression sévère, il a travaillé de façon désintéressée et sans broncher, en dépit des nombreux risques encourus. C’est dans de telles circonstances que l’ennemi est parvenu à savoir où il allait se rendre et l’y a attendu pour l’attraper.

En Juillet, Azad devait se rendre au Dandakaranya. Là-bas, il devait participer au programme de formation et d’éducation politique prévu pour les cadres dirigeants du parti. Il devait rencontrer les Camarades du Dandakaranya dans la ville de Nagpur le 1er Juillet. Mais lui et un journaliste nommé Hemchand qui voyageait avec lui ont été capturés avant même d’atteindre le lieu de contact. Ils ont été emmenés dans les forêts d’Adilabad et ont été tués la même nuit. Ceux qui ont vu son cadavre ont dit qu’il semblait qu’ils lui avaient injecté des sédatifs dès son arrestation. Cela signifie que l’ennemi l’a arrêté de manière planifiée dans le but évident de le tuer. Ils ont également tué Hemchand Pandey de sorte que la vérité sur son assassinat ne soit pas révélée. Leurs deux corps ont été jetés dans les forêts de Jogapur dans le Wankidi mandal du district d’Adilabad et une histoire de fausse embuscade a été concoctée, comme toujours.

Tout le peuple, avec notre Parti, a condamné d’une seule voix cette fausse embuscade et l’assassinat du Camarade Azad. Beaucoup de partis révolutionnaires, démocratiques et organisations de droit civil ont demandé une enquête judiciaire sur cette fausse embuscade. Des intellectuels, des journalistes, des écrivains et des étudiants de nombreux États ainsi que ceux de l’Andhra Pradesh ont accusé le gouvernement Central et les gouvernements des états d’être responsables de l’assassinat d’Azad. Beaucoup ont écrit des articles et fait des déclarations. Des milliers ont assisté à la procession funéraire du Camarade Azad qui a eu lieu à Hyderabad, le 4 Juillet. De nombreux partis maoïstes du monde entier ont condamné l’assassinat du Camarade Azad et ont écrit des lettres à notre CC saluant ses services à la révolution indienne. A cette occasion, j’adresse mes salutations révolutionnaires et ma gratitude à toutes ces organisations et individus au nom de notre CC. C’est une telle conscience démocratique et révolutionnaire qui permettra de continuer les mouvements populaires.

Azad a été attiré par le mouvement révolutionnaire alors qu’il étudiait au Collège Régional d’Ingénierie de Warangal en 1972. Azad, qui était exceptionnellement brillant dans ses études, avait également joué un rôle dynamique dans le mouvement révolutionnaire. Il a joué un rôle dans la formation du Syndicat des Etudiants Radicaux (RSU) en 1974. Il a été élu président d’Etat de l’USR en 1978. Il fut l’un des fondateurs du Mouvement Etudiant Révolutionnaire de l’Inde et l’a guidé depuis sa création en 1985. Il a joué un rôle clé dans la conduite d’un séminaire sur la Question Nationale dans la ville de Madras en 1981. Plus tard, il a pris la responsabilité de la construction du mouvement révolutionnaire dans le Karnataka et a construit le parti maoïste dans le Karnataka pour la première fois. Il a attiré beaucoup de Camarades comme Saketh Rajan dans le parti. Lorsque des éléments opportunistes ont essayé de diviser le parti en 1985 et en 1991, le Camarade Azad a joué un rôle primordial dans le maintien du parti uni et fort et dans la défaite de leur politique opportuniste grâce à une perspective prolétarienne. Il a travaillé sans relâche pendant vingt ans en tant que membre du CC et membre du Politburo à partir de 1990 jusqu’à maintenant. Nous ne pouvons pas séparer la vie d’Azad de l’histoire du mouvement révolutionnaire des quarante dernières années. En particulier, il a joué un rôle clé dans les domaines idéologique, les sphères politiques, l’éducation du parti et le fonctionnement des périodiques et autres. Il a endossé la responsabilité de porte-parole du parti depuis trois ans en tant qu’ «Azad» de la manière la plus excellente et exemplaire. Il a utilisé son intelligence et sa plume acérées de manière remarquable dans la lutte contre la «guerre contre le peuple » conduite par le gang Chidambaram. Il était comme la voix du peuple contre les dirigeants et les exploiteurs. Dans le développement de la ligne politique du parti, dans le développement du parti, de l’armée populaire et des organisations de masse, dans l’extension du mouvement, dans l’émergence de nouveaux organes du pouvoir démocratique et dans toutes les victoires remportées, le travail idéologique, politique et pratique d’Azad a joué un rôle clé. Un engagement intransigeant à toute épreuve et pendant le flux et reflux du mouvement, une nature de grand sacrifice, d’altruisme, de vie simple, un travail infatigable pour la révolution et pour les intérêts du peuple, une étude étonnante, l’étude de l’évolution des phénomènes dans la société, être avec le peuple sont toujours certains des grands idéaux du prolétariat établis par le Camarade Azad. Bien qu’il ne soit plus, il est indéniable qu’il servira de modèle révolutionnaire à tous les révolutionnaires et en particulier aux jeunes, étudiants et intellectuels.

Il est vrai qu’il sera très difficile de remplir la perte parce que la vie du Camarade Azad a été complètement et étroitement liée à l’avancement du mouvement révolutionnaire. Il a été un grand révolutionnaire, qui s’est trempé dans les hauts et les bas du mouvement. Les mouvements révolutionnaires donnent naissance à des chefs de file de cette manière. En retour, ces leaders dirigent les mouvements révolutionnaires sur le chemin de la victoire. Le sacrifice de beaucoup de dirigeants est également inévitable dans le mouvement révolutionnaire. Les conditions mêmes qui donnent naissance à des mouvements révolutionnaires et aident à son avancement donnent naissance à son leadership. Cela a été prouvé à maintes reprises dans l’histoire révolutionnaire mondiale. Donc, les conditions matérielles qui sont favorables à l’avancement rapide du mouvement révolutionnaire dans notre pays aujourd’hui, donneront naissance à des milliers de leaders comme le Camarade Azad. Le travail idéologique-politique et pratique fait par le Camarade Azad et les idéaux communistes qu’il a établis, ont créé la base pour une telle éventualité. Le martyre de Surapaneni Janardhan [dirigeant maoïste tué en 1975, qui a fait ses études dans le même établissement que le Camarade Azad NdT] était devenu un idéal pour beaucoup de Camarades comme Azad. De même, de nombreux révolutionnaires naîtront en prenant le sacrifice d’Azad comme un idéal. Ils dirigeront la révolution indienne. L’ennemi a pu éliminer la présence physique d’Azad, mais il lui sera impossible d’empêcher les idées qu’il avait propagées dans le parti et au sein du peuple de se transformer en une force matérielle.

Dans notre histoire, même si nous avons perdu des dirigeants importants de nombreuses fois et connu des hauts et des bas, nous nous sommes toujours relevés et avons pu faire avancer le mouvement. Nous attirons toujours des cadres instruits dans notre parti dans diverses régions de notre pays. Nous sommes convaincus que nous seront en mesure de combler le vide créé par la mort d’Azad en leur donnant un bon entraînement dans la pratique. Les classes dirigeantes sont extatiques d’avoir brisé la jarre de la connaissance en tuant Azad. Mais ces imbéciles ne comprennent pas que des milliers d’Azad naîtront de la terre où cette connaissance a été renversée. Azad a hanté les classes dirigeantes avec ses attaques politiques quand il était vivant. Maintenant, même après sa mort, il continue de les hanter. Les classes dirigeantes sursautent à la seule mention de son nom.

Avant la mort d’Azad nous avions aussi perdu des Camarades importants du leadership dans des fausses embuscades et beaucoup d’autres ont été arrêtés. Ces pertes sont lourdes aussi. Mais nous surmonterons certainement ces pertes et ferons avancer le mouvement révolutionnaire fermement.

Question : Dans l’interview que vous avez donnée à Jan Myrdal et Gautam Navlakha vous avez dit que votre parti était prêt à des pourparlers avec le gouvernement. Dans la lettre écrite par votre porte-parole Azad à Agnivesh, il est dit que votre parti est prêt pour le cessez-le-feu simultané des deux côtés. Maintenant que le gouvernement a tué Azad de manière conspirative, pensez- vous qu’il soit possible de tenir des pourparlers? Réitérez-vous toujours la position prise avant la mort d’Azad?

CAMARADE GANAPATHY : En fait, vous devriez poser cette question à Chidambaram et Manmohan Singh. Pour l’année et demie passée, les Camarades Azad, Kishenji et moi-même avons indiqué la position de notre parti vis-à-vis des pourparlers à plusieurs reprises. Le gouvernement a caché la violence brutale et sans fin qu’il perpétue sur la population et a annoncé à chaque fois que des pourparlers auraient lieu à la condition que les maoïstes abjurent la violence. Chidambaram a clamé ces mots haut et fort à plusieurs reprises. En gardant en vue la guerre déclarée contre le peuple et les difficultés auxquels il est confronté en raison de cette même guerre, Azad a déclaré continuellement, et ce jusqu’à la fin, que notre parti était prêt pour un cessez- le-feu simultané si le gouvernement y était également prêt. Son intention était de réduire les difficultés de la population dans la mesure du possible. Il a mentionné cette même demande dans la lettre écrite à Swami Agnivesh. Chidambaram et Manmohan Singh l’ont non seulement tué d’une manière conspirative, mais jouent encore une fois sans vergogne la même comédie. Le fait est que le gouvernement ne ressent pas le besoin réel de la tenue de pourparlers. Si la paix souhaitée par les intellectuels, les démocrates et le peuple doit être établie, alors la chose la plus vide de sens serait d’exiger que la contre-violence populaire s’arrête alors que le gouvernement poursuit sa folie meurtrière. Quand Chidambaram a annoncé que les maoïstes devaient cesser la violence pendant 72 heures et que Kishenji réagi en donnant un temps de 72 jours, la réponse de Chidambaram fut de prendre Kishenji pour cible et d’intensifier les attaques dans le but de le tuer. Azad, qui avait écrit la lettre à Agnivesh fut pris pour cible et tué. Dans le cadre de l’opération Green Hunt, près de 100 000 forces paramilitaires et 300 0000 soldats de l’Etat ont été déployés. Parmi ces dernières, les principales forces sont les Forces Spéciales. Chaque jour, chaque heure, chaque minute, ces forces perpétuent d’innombrables atrocités contre le peuple. Ils ciblent le peuple et les démocrates qui s’y opposent et les mettent dans des prisons sous l’UAPA [Unlawful Activities Prevention Act : Loi de Prévention desActivités Criminelles NdT] et d’autres lois draconiennes des états. A part les réactionnaires et leurs laquais dans les médias, personne d’autre ne soutient cette guerre contre le peuple dans notre pays. Même s’il ya quelques personnes qui la soutiennent, ce n’est pas parce qu’ils connaissent les faits, mais parce qu’ils croient innocemment la propagande mensongère du gouvernement. Nous pensons qu’il n’y a absolument aucune situation favorable pour la tenue de pourparlers actuellement.

Des gens comme Agnivesh nous demandent de ne pas se retirer du processus de dialogue et de nous présenter à des rencontres, même après l’assassinat de sang-froid du Camarade Azad. Nous voulons leur demander s’ils seraient en mesure d’arrêter les conspirations et complots que le gouvernement prépare pour tuer nos chefs de parti. Sans doute, le Camarade Azad a été tué par le gouvernement dans une conspiration. Le post-mortem et les rapports médico- légaux le prouvent également, sans aucun doute. Donc, nous demandons à tous les démocrates, les intellectuels épris de paix et les organisations des droits de l’homme de porter fermement de l’avant la demande d’une enquête judiciaire sur l’assassinat d’Azad.

Il est clair qu’il n’y a pas d’atmosphère propice au dialogue. En dépit de cela, nous demandons au peuple et aux démocrates de demander au gouvernement de prouver son engagement envers le processus de négociation en mettant en œuvre les étapes suivantes.

1)            Arrêter l’opération Green Hunt. Retirer les forces paramilitaires. Si le gouvernement cesse son offensive sur le peuple, alors la contre-offensive de la population s’arrêtera également. Comme beaucoup d’intellectuels le disent, si l’offensive du gouvernement n’a pas lieu, il n’y aura pas de nécessité pour le peuple de résister.

2)            Notre parti est un parti politique comme de nombreux autres partis dans ce pays et dans le monde. Notre parti a une ligne et un objectif idéologiques et militaires et des politiques claires et correctes, sur les questions relatives à la culture, la caste, le sexe, la nationalité, l’écologie, etc. Même selon les lois formulées par ces classes dominantes, les droits démocratiques s’appliquent à notre parti. Ainsi, l’interdiction de notre parti doit être levée. L’interdiction de nos organisations de masse doit être levée. Des opportunités démocratiques absolues doivent être créées pour la mobilisation de masse. Ce n’est que dans des conditions où nous pourrions travailler de manière démocratique que nous pourrons nous présenter à des pourparlers.

3)            Dans l’Andhra Pradesh, le Camarade Riyaz qui avait participé à des pourparlers avec le gouvernement en 2004 a été capturé et assassiné après avoir été sauvagement torturé. Les personnes qui ont participé à des pourparlers ont été prises pour cible et on a tenté de les assassiner. Aujourd’hui, le Camarade Azad, qui travaillait pour faciliter le processus de négociations, a été assassiné. Donc, il n’est pas possible de croire le gouvernement et d’envoyer des Camarades clandestins pour des discussions. Par conséquent, si le gouvernement libère nos Camarades emprisonnés du leadership, alors ils représenteront directement notre parti dans les négociations.

Ainsi, vous devriez penser à ces trois exigences et les porter devant le gouvernement. Nous voulons encore fois mettre au clair que toutes les questions concernant les pourparlers doivent d’abord être portées devant le gouvernement et non devant nous.

GK Pillai, Prakash Singh, Chidambaram et leurs comparses disent que nous ne rentrerons dans le rang que si la pression sur nous augmente à travers l’intensification de l’offensive militaire fasciste sur notre parti et le massacre du peuple. Ils vivent dans un paradis pour les fous. Bâtir la pression, créer des illusions au nom de pourparlers, tromper et détruire le parti – c’est la stratégie du gouvernement. En fait, notre parti se bat aussi pour la paix. Ils ne croient que dans la répression et ils sont incompétents dans le face à face politique et idéologique avec nous. Les gens se battent sous la direction de notre parti avec le noble but d’établir une paix permanente en mettant fin à l’exploitation, l’oppression, la répression brutale et la violence dans notre pays et dans la société humaine tout entière. Nous voyons également la question des «pourparlers» et de la «paix» dans le cadre de la lutte des classes. Lorsque la lutte des classes s’intensifie, c’est sous une forme armée. Dans d’autres circonstances, elle pourrait être également menée sous des formes pacifiques. Il est donc totalement faux que notre parti irait à des pourparlers si la pression s’intensifiait.

Et puis, une fausse propagande est menée par les médias affirmant qu’il existe des différences dans notre parti concernant les pourparlers et qu’elles portent principalement sur les lignes du MCCI d’avant et du groupe Guerre Populaire de jadis [Le Maoist Communist Centre of India et le PCI (ML) (Guerre Populaire) se sont unifiés en 2004, donnant naissance au PCI (maoïste) NdT]. Ceci est faux à cent pour cent. Ce n’est rien d’autre que de la fausse propagande par l’ennemi pour créer des doutes dans l’esprit des gens au sujet de notre parti à poursuivre leurs objectifs. Notre Congrès de l’Unité a pris une position claire sur la question des pourparlers. La lutte entre les idées justes et les idées fausses est un processus continu au sein du parti. Nous pourrons résoudre nos différences d’opinion en respectant le principe du centralisme démocratique et à la lumière du marxisme-léninisme-maoïsme. Cela ne conduira qu’au développement du parti. Nous avons réalisé une grande unité avec la fusion des deux partis. A présent, toute discussion ou conflit d’idées qui a lieu dans le parti est sous la forme de débats idéologiques et politiques dans un parti uni et non pas sous la forme de différences entre l’ancien MCCI et l’anciens PCI (ML) (Guerre Populaire). Nous affirmons catégoriquement que les différences ne prendront jamais la forme des conflits d’avant la fusion.

Question: Vous dites que le gouvernement a déclaré une guerre contre le peuple. Le gouvernement dit qu’il n’y a pas de guerre et que l’opération Green Hunt est un fruit de l’imagination des médias. Il est très clair que les attaques coordonnées sont effectuées sur votre parti dans tous les Etats. Comment se déroule cette offensive ? Comment y faites-vous face et comment planifiez- vous d’y faire face?

CAMARADE GANAPATHY: Ce n’est pas seulement nous qui disons que le gouvernement a déclaré la guerre contre le peuple. Tous les gens le disent d’une seule voix. Tous les habitants des régions où cette guerre se déroule le disent. Toutes les organisations démocratiques, les forces progressistes et les démocrates de notre pays disent très clairement que le gouvernement mène une guerre sur le peuple et la condamnent. Le gouvernement mène la guerre contre le peuple et ment de façon flagrante en disant que ce n’est pas le cas. Bien que Longkumer, Kalluri et Viswaranjan annoncent que l’opération Green Hunt est en cours, Chidambaram déclare sans vergogne qu’il n’y a rien de tel. Il est de plus en plus exposé combien cette Green Hunt est un acte terrible, cruel et fasciste et comment elle se déroule épouvantablement. En fait, dans les différents Etats où le mouvement maoïste est présent, près de 100 000 forces paramilitaires sont déployées. Si on regarde le nombre de forces de police déployées dans 9, 10 Etats contre notre mouvement, ça fait presque 3 à 400 000.

Quelle est la raison pour le déploiement d’un si énorme contingent de forces ? Que font ces forces sur une base quotidienne ? Pourquoi accroissent- ils la sécurité et la construction de camps de base, d’écoles de formation et d’écoles spéciales pour la guerre dans la jungle ? Pourquoi le budget de la police de chaque Etat est passé à de telles sommes et si rapidement ? Pourquoi le gouvernement a-t-il délivré un budget de 135 milliards roupies d’un coup ? Pourquoi la somme énorme de plus de 1000 milliard de roupies a-t-elle été allouée pour la sécurité intérieure ? Pourquoi les gouvernements centraux et locaux dépensent-ils des milliards de roupies par an avec l’objectif ignoble d’éliminer notre mouvement ? Pourquoi le gouvernement mène-t-il des campagnes de ratissage dans nos points forts comme le Chhattisgarh, Jharkhand, Bihar, Odisha, Maharashtra, Andhra du Nord et Nord Telangana ? Déployant des moyens pour tout détruire. N’importe qui peut être tué, arrêté, disparu, violé et n’importe quel bien, maison, récolte et autre peut être détruit. Tout cela n’est rien d’autre qu’un régime fasciste.

C’est dans le cadre de cette guerre que l’ennemi se concentre sur notre leadership et les tue de la manière la plus brutale et les met en prison en les arrêtant de manière non démocratique et illégale. Le gouvernement a choisi la répression armée comme forme principale et mène cette guerre. Toutefois, en soutien à cela, il mène l’offensive dans tous les autres domaines, à savoir, politique, idéologique, psychologique, les sphères culturelles, dans une attaque sur plusieurs fronts.

C’est pourquoi les gens se consolident sous la direction de notre parti avec une stratégie claire, l’intensification de la guerre populaire et l’établissement d’un nouveau pouvoir politique, d’une nouvelle économie et d’une nouvelle culture comme nouvelle alternative à la domination actuelle des classes exploiteuses. Sous la direction de notre parti, notre PLGA [Armée de Guérilla Populaire de Libération NdT], nos organes de nouveau pouvoir et le peuple sont engagés dans une lutte à mort contre les protocoles d’accord de milliards de roupies que le gouvernement central et les gouvernements d’État ont signé avec les multinationales et les entreprises compradores dans de nombreux Etats tels que l’Odisha, le Bengale, le Jharkhand, le Chhattisgarh, le Maharashtra, l’Andhra Pradesh, etc. C’est pourquoi, les gens disent que ce gouvernement insensible ment quand il dit que ce n’est pas une guerre. Le peuple, les démocrates et les forces révolutionnaires sont fortement et unanimement opposées et luttent tout aussi fermement contre la guerre contre le peuple que le gouvernement intensifie de jour en jour. Les forces démocratiques, les forces anti-impérialistes et le prolétariat révolutionnaire du monde entier sont également fortement opposés et protestent contre cette guerre contre le peuple menée par les classes dirigeantes de notre pays.

Je tiens à indiquer clairement une chose ici. Cette guerre contre le peuple est une guerre brutale lancée par le gouvernement pour réprimer notre mouvement juste. Il s’agit d’une guerre injuste politiquement. Cette guerre par les classes dirigeantes se fait avec un objectif politique clair. Celui de poursuivre de façon permanente l’exploitation et l’oppression du peuple. La guerre de légitime défense menée par le peuple a aussi un objectif politique clair. Nous nous battons avec le but d’établir une nouvelle société en détruisant le système exploiteur et oppresseur. Ces deux objectifs sont à des pôles tout à fait opposés. À l’heure actuelle, la guerre révolutionnaire est menée dans notre pays. Les dirigeants sont en guerre contre-révolutionnaire contre la guerre révolutionnaire. Ces deux guerres s’affrontent gravement. Elles représentent les intérêts des deux classes complètement opposées.

Tout d’abord, nous voulons répondre à cette guerre politiquement. L’objectif politique de notre guerre de résistance est très clair. Combien profondément les vastes masses comprennent cela, combien elles se consolident, combien elles s’arment, de cela dépend notre mesure à mettre fin à cette guerre dès que possible. Nous nous battons dur pour ceci. C’est pourquoi nous combattons l’ennemi de façon multiple dans tous les domaines.

Question: Chidambaram et Manmohan Singh vous ont demandé à plusieurs reprises de «renoncer à la violence». Mais les attaques de votre armée de guérilla populaire de libération se poursuivent. Ne pensez-vous pas que cela rend difficile le fait d’arriver à une solution ? Après vos récentes attaques à Tadimetla (Dantewada), Kongera (Narayanpur), Silda (Bengale occidental) et Lakhisarai (Jharkhand), certaines personnes expriment leur inquiétude que vous ne répondiez que par des moyens militaires. Ils disent que cela facilite le déploiement de l’armée et que cela conduit à davantage de violence et une plus grande perte de vies des citoyens ordinaires et des Adivasis. Que dites-vous?

CAMARADE GANAPATHY: Notre leadership central a clairement indiqué notre position sur cette question à plusieurs reprises. Je vais le faire une fois de plus. Ce n’est rien d’autre qu’une grosse désillusion et intrigue par le gouvernement que de demander aux gens d’abjurer la violence alors que l’Etat continue sa violence. Il viole ses propres lois et massacre le peuple. Il est donc nécessaire que tous les démocrates et les personnes politiquement conscientes questionnent le gouvernement à ce sujet et demandent que cesse la violence et la guerre contre le peuple. Ils doivent exiger que ce soit le gouvernement qui abjure la violence. Lorsque le gouvernement dit que nous sommes violents, c’est comme le voleur qui crie « au voleur, au voleur ». Il essaie de détourner l’attention du vrai problème en faisant cela.

Les gens dont la conscience a augmenté ne doivent pas rester sans rien faire et souffrir de ces attaques menées avec l’objectif du pillage de leurs ressources et de les transformer en esclaves permanents à l’aide des forces armées mercenaires du gouvernement. Ils doivent leur résister en s’armant eux-mêmes. Tous les membres de notre armée de guérilla populaire ne sont autres que les masses qui se sont armées volontairement. Ces masses qui avaient été exploitées et opprimées comme des esclaves depuis des générations ont compris les lois du développement historique de la société et se battent en s’armant. Notre parti met ceci au clair de manière répétée- il n’y a qu’un seul moyen pour le peuple d’obtenir sa libération et c’est la voie armée. Cela signifie s’armer, se constituer en une armée et mener une lutte armée. Lorsque des dizaines de millions de personnes de notre pays accroîtront leur conscience politique et construiront une vaste armée forte et quand cette armée combattra efficacement, il sera possible de mettre un terme à ce système d’exploitation. Plus cela arrivera vite, le mieux ce sera pour le peuple. C’est pourquoi notre parti lance un appel aux jeunes de ce pays chaque année à l’occasion de l’anniversaire de la formation de notre PLGA à s’armer. Cet appel ne cesse de s’étendre largement parmi le peuple. Les attaques menées récemment par notre armée populaire sous la direction du parti et avec le soutien actif de la population à Tadimetla (Mukaram), Silda, Lakhisarai, Kongera, etc., sont toutes des attaques militaires. Qui est inquiet au sujet de ces attaques ? Est-ce la classe dirigeante et ses mercenaires ou le peuple ? Les gens célèbrent chaque raid victorieux comme un festival. Chaque attaque donne un message politique d’une manière pratique et leur montre le chemin de la libération. Les gens comprennent cela exactement de cette manière. Au contraire, en voyant tout cela, les classes dirigeantes tremblent de peur.

Cependant, les personnes qui ne comprennent pas notre mouvement et ceux qui ne sont pas claires à ce sujet sont angoissées par les pertes des deux côtés. Nous pouvons comprendre leur angoisse. Mais le peuple ne peut pas arrêter sa guerre et sa résistance tout simplement parce qu’eux sont angoissés. Ce qu’ils doivent comprendre, c’est pourquoi une guerre si intense se déroule- t-elle ? Pourquoi des centaines de personnes participent à chaque attaque ? D’où obtenons-nous le soutien actif de la population ? Pourquoi l’obtenons- nous ? S’ils essaient de comprendre cela, la chose deviendra claire. Alors ils se rendront compte de la nécessité de ces grandes attaques, d’attaques de plus grande envergure encore et la nécessité pour ces attaques d’avoir lieu plus fréquemment. Ils célèbreront même de telles attaques à chaque fois qu’elles auront lieu. Ils souhaiteront également de tout cœur que de telles attaques aient lieu. Mais les ennemis du peuple s’y opposeront toujours et ils lanceront des attaques plus grandes encore contre le peuple, d’une manière plus réactionnaire. Ils choisiront avec folie la répression comme la seule voie et seront haïs par le peuple. Par conséquent, ils seront à nouveau victimes d’attaques plus grandes par le peuple.

Quant à la question de savoir si nos attaques facilitent le déploiement de l’armée – si les gens ne contre-attaquent pas, s’ils courbent la tête et souffrent de l’exploitation et de l’oppression qui se poursuivent depuis des siècles en silence, alors il n’est même pas nécessaire que la police et les paramilitaires existent, sans parler de l’armée. Ensuite, il ne serait également pas nécessaire pour les classes dirigeantes de mener des attaques. Comme le peuple a pris conscience et a compris la véritable histoire derrière l’exploitation et l’oppression, la fraude du système parlementaire et la fausse démocratie, comme ils se battent pour la terre aux vrais paysans et pour une véritable démocratie pour le peuple, les dirigeants ont recours à une sévère répression craignant que leurs fondations ne soient ébranlées. Ces imbéciles qui ne réalisent pas que leurs politiques ne conduisent qu’à une intensification de la résistance du peuple, font tous les préparatifs pour le déploiement de l’armée. En fait, l’armée avait prévu une campagne contre-révolutionnaire militaire, Salwa Judum [milice contre-révolutionnaire formée sur le modèle des contras, en recrutant parmi les villageois. Salwa Judum s’est illustrée par ses exactions à l’encontre des populations et a fini par être un échec. NdT], sous le régime de Vajpayee quand Advani était le ministre de l’Intérieur. Le ministère de l’Intérieur l’a approuvée. Le Congrès, qui est arrivé au pouvoir après que le gouvernement Vajpayee ait été renversé au centre [le centre représente le pouvoir politique centralisé de la fédération indienne NdT] et le BJP, qui avait pris le pouvoir en place du Congrès dans le Chhattisgarh, ont mis en œuvre cette décision. Dès lors, l’armée a été très active. Utilisant toutes ses commandes (Nord, Centrale, Australe, Occidentale et Orientale), elle a formé des structures spéciales dans chacune d’entre elle et a donné toutes sortes de conseils aux services de police d’État par leur biais. Elle a formulé la stratégie de la guerre contre le peuple et a fourni tous types de formation, d’espionnage, de technologie et de plans de déploiement pour le ministère de l’intérieur central. Il a appliqué les programmes de Conflit de Basse Intensité [LIC policy, autre nom donné aux stratégies contre-insurrectionnelles NdT] formulés par les impérialistes pour réprimer le mouvement maoïste dans les conditions concrètes de l’Inde et les met en œuvre avec leurs propres caractéristiques et avec une intensité croissante. À l’heure actuelle l’armée n’a pas directement participé à des attaques le fusil à la main. Mais des officiers de l’armée, certains spécialistes et agents du renseignement donnent directement des orientations aux opérations de contre-guérilla dans nos zones fortes. C’est ce qui se passe depuis trois ou quatre ans. Donc, ce n’est pas vrai qu’ils déploient l’armée à cause de nos quelques attaques. Ils déploient l’armée dans le cadre de leur horrible volonté de réprimer les luttes du peuple. Les forces anti-insurrectionnelles sont bâties à l’intérieur de l’armée à cette fin. Ils construisent de nouveaux cantonnements, des bases aériennes et des héliports, comme aux frontières, sur le pied de guerre. Ils restructurent le système de l’État tout entier en conformité avec leurs politiques de lutte contre-insurrectionnelle. Cela signifie que les dirigeants ont fait toutes sortes de préparations pour perpétuer à un niveau sans précédent toutes sortes d’atrocités, de massacres et de destruction contre le peuple de notre pays. Notre parti estime que tous les partis révolutionnaires, les organisations démocratiques et les intellectuels, les organisations de libération nationales, les organisations patriotiques anti-impérialistes et le peuple indien tout entier devraient comprendre cela et résister à cela activement et intensément sans aucune attente. Les gens de nos zones de mouvement pensent la même chose et espèrent cela.

Il est vrai que le déploiement de l’armée mènerait à plus de violence sur les pauvres et les Adivasis et conduirait à une plus grande perte de vies humaines. Quand les gens se battent en auto-défense, ce sont les exploiteurs et leurs laquais, qui représentent à peine cinq pour cent de la population, qui deviennent victimes. Mais dans la violence perpétrée par l’Etat, ce sont les larges masses populaires opprimées qui sont confrontées à des pertes. Ceux qui sont sous la forme de la PLGA, du parti maoïste, des organisations de masse et des Janathana Sarkars [Gouvernements Populaires NdT] perdent leur vie. Donc, il nous faut comprendre cela. Lorsque les citoyens ordinaires et adivasis subissent des pertes sur une telle échelle, on devrait d’abord se poser la question de savoir pourquoi cela arrive ? Il ne sert à rien d’argumenter confusément, innocemment ou trompeusement, que des innocents meurent.

Dans ce contexte de perte de vies humaines, les peuples opprimés et les vastes masses posent la question directement à tout le monde – êtes-vous de notre côté ou du côté des gouvernants ? Cela signifie qu’il ne reste pas de terrain neutre entre les deux. Donc, nous demandons à tous ceux qui expriment l’angoisse de la perte de vies à repenser le fond de cette question.

A cette occasion, je tiens à mettre certaines choses en lumière. Le 12 Juin, 2000 forces de police de l’État central et des forces paramilitaires ont attaqué un camp politique organisé par le Bureau Régional Oriental de notre parti dans la forêt de Korhat de Jharkhand. Les forces Cobra, BSF et Jharkhand STF ont été impliquées dans cette attaque. Trois hélicoptères de l’Armée de l’Air ont été utilisés. Bien que le gouvernement ait déclaré que 2000 forces aient été impliquées, en fait, plus de forces ont été impliquées. Il n’y avait que deux compagnies de guérilla de notre PLGA dans cette zone. Nos armes étaient inférieures. Quelle est la raison pour que des milliers de forces gouvernementales mènent cette attaque massive contre notre parti et PLGA dans cette position ? Est-ce la guerre ou pas ? Pourquoi cachent-ils le fait évident qu’il s’agit d’une guerre ? Pourquoi mènent-ils cette guerre ? Puisque l’attaque a été menée par des forces mercenaires, car c’est pour le compte de quelques exploiteurs, qu’il s’agisse des commandos ou des Forces Spéciales qui avaient attaqué, ils n’ont pas pu résister à la résistance héroïque de nos guérilleros. Nos Camarades qui ont une grande conscience politique et la nature au sacrifice ont riposté à cette attaque vaillamment. Dans notre contre-attaque des Cobras sont morts et de nombreux autres ont été blessés. Mais les officiers qui ont mené cette attaque n’ont même pas le courage d’annoncer combien d’entre eux ont été blessés et le nombre de morts. Ils ont peur que si les faits sont annoncés, le moral de leurs forces ne chute.

Entre les 25 et 27 Septembre, de nouveau au Jharkhand, les forces gouvernementales ont attaqué à grande échelle un camp politique mené par notre Bureau Régional Oriental dans la forêt de Saranda grâce à des informations. Les hauts fonctionnaires de police et paramilitaires ont eux même annoncé que cinq mille troupes (équivalent à un régiment) avaient été déployées et que des hélicoptères avaient été mis en service. En fait, le nombre de troupes qui ont attaqué serait de beaucoup plus. Donc, on peut comprendre l’ampleur de la guerre que le gouvernement mène. Comment appelez-vous cela, sinon la guerre ? Encore une fois, pourquoi cachent-ils le fait qu’il s’agit d’une guerre, même après avoir attaqué à un niveau de régiment ? Seraient- ils d’accord quand ils attaquent avec une force à un niveau de division ? Sur qui mènent-ils cette guerre ? Ici aussi, comme à Korhat, nos Camarades ont riposté vaillamment à cette attaque de l’ennemi. A Korhat, le Camarade David a donné sa vie. A Saranda aussi un Camarade est devenu martyr. Les forces ennemies ont eu plus de pertes. Mais pour cacher ce fait, ils ont recouru à la propagande mensongère que trois de leurs hommes ont été tués et que dix à douze maoïstes ont été tués, que d’énormes quantités d’armes et d’autres documents ont été saisis et que des camps d’entraînement ont été détruits.

Sous la direction de l’impérialisme américain, l’ennemi numéro un des peuples du monde, et avec l’aide d’Israël, un des gouvernements les plus cruels au monde et laquais des États-Unis, le gouvernement indien mène cette guerre. Quoi que dise le gouvernement, autant que puissent mentir le gang Sonia, Manmohan et Chidambaram et leurs intellectuels lèches-bottes, les attaques massives à Korhat et Saranda n’étaient rien d’autre que la guerre. Nous annonçons aussi franchement et clairement que toutes nos attaques ont été menées dans le cadre de notre guerre de légitime défense. Les gens ordinaires sont confrontés à d’énormes pertes dans la guerre injuste menée par le gouvernement. Nous appelons donc encore une fois tout le peuple à s’opposer et à résister à cette guerre injuste.

Question: Les classes dirigeantes de notre pays disent que les maoïstes ne sont pas sincères au sujet des revendications du peuple et qu’ils ne se préoccupent pas du bien-être des gens et que leur seul but est de « renverser le gouvernement démocratiquement élu en utilisant la force armée et d’établir un régime communiste ». Comment expliquez-vous cela?

GP: Les classes dirigeantes ne sont pas du tout moralement qualifiées pour lancer des accusations contre les maoïstes, qui sacrifient leurs vies pour le peuple ou pour faire des commentaires sur leurs préoccupations et leur engagement en ce qui concerne les intérêts du peuple, le bien-être des gens et le développement populaire. Notre objectif est de renverser cette «démocratie» et le «régime parlementaire» qui ne sont que des moyens de la dictature des féodaux et de la bourgeoisie compradore bureaucratique et qui se tiennent en opposition complète aux intérêts de 95% de la population, en utilisant la force armée et pour établir le nouveau pouvoir populaire. Nous pensons que c’est le comble du comble de dire que ces élections et ce parlement sont sacrés et que le régime actuel est la plus haute forme de démocratie!

Nous disons au peuple de renverser le gouvernement dictatorial et de construire leur propre gouvernement, qui est une véritable démocratie des quatre classes, à savoir les travailleurs, les paysans, la classe moyenne urbaine et la bourgeoisie nationale. Les gens se consolident et se battent pour cela. Quiconque connaît l’ABC de la politique le sait. Mais les dirigeants disent que la constitution et le parlement sont sacrés et au-dessus des intérêts de classe. Ce parlement dictatorial et bourgeois et cette machine d’Etat qu’ils ont établis par la concertation avec les impérialistes ne servent rien d’autre que les intérêts de ces mêmes classes. Ils peuvent être sacrés pour ces classes, mais ils sont une grande menace pour le peuple. Donc, c’est leur droit de naissance de les faire tomber. C’est leur droit démocratique. Ils doivent créer un véritable système politique démocratique qui constitue de nouveaux organes délibérants et une nouvelle constitution.

Et nous ne sommes pas des obstacles au développement. Ce sont les classes dirigeantes qui le sont. Le peuple exécute des tâches agricoles, tout en ripostant à la violence horrible et à la destruction perpétrées par les bandes fascistes comme la Salwa Judum, la police et les paramilitaires au Dandakaranya. La milice fait la sentinelle en défense à proximité des champs et fait les récoltes. L’Armée de Guérilla Populaire de Libération veille sur les récoltes de la population. Les forces mercenaires du gouvernement s’attaquent à ces unités et les tuent. Les forces gouvernementales font des ravages dans les zones adivasi en détruisant leurs biens, incendiant des maisons et des villages tout en saisissant les poules, porcs, bovins et quoi encore au pauvre peuple malheureux, détruisant les champs et brûlant les récoltes. Cette destruction énorme est la politique de développement des dirigeants. Ici, il est clair qui sont les ennemis jurés du bien-être du peuple.

Bien sûr, nous appelons le peuple à renverser cet Etat contre nature. Nous appelons le peuple à détruire cette menace pour la population et à se libérer. Ce n’est que par cette lutte de libération que le peuple sera en mesure d’établir de nouveaux pouvoirs et pourra parvenir à un développement global avec une ligne alternative dans tous les domaines. Le développement dont nous parlons n’est certainement pas celui dicté par le FMI et la Banque mondiale et pas non plus la politique de développement proposée par les Ahluwalias, Rangarajans, Manmohan Sings, Chidambarams et Pillais. La politique de développement que nous proposons changera les rapports de production qualitativement et conduira donc au développement qualitatif des forces productives. Il s’agit d’une véritable politique de développement qui dit que l’on doit s’opposer à l’abaissement de la souveraineté de notre pays aux pieds des entreprises étrangères, qu’il doit également être un pays indépendant et autonome, que les ressources de notre pays ne doivent pas être utilisées pour les impérialistes mais pour le peuple. De nombreux intellectuels et chercheurs qui ont visité nos zones ont déjà écrit que le pouvoir politique alternatif est mis en place dans nos régions. Beaucoup se rendent compte que nous avons une autre ligne dans tous les domaines, comme dans les domaines idéologique, politique, organisationnel, militaire, économique, culturel et écologique. Les observateurs ont écrit clairement sur le développement croissant dans tous ces domaines, même si c’est à un niveau primaire.

Question: De nombreux démocrates ont élevé leurs voix contre l’opération Green Hunt. Mais ne pensez-vous pas que votre parti perdrait en sympathie avec des incidents tels que la décapitation de Francis Induvar, le massacre de Jamui, le dynamitage de bus au Dantewada et l’accident du Gnaneshwari Express [nom du train qui a déraillé le 28 mai 2010 NdT] ? Quelle est votre explication à propos de ces incidents?

CAMARADE GANAPATHY:          Tout d’abord, j’envoie mes salutations révolutionnaires à toutes les forces démocratiques qui sont opposées et protestent contre cette guerre cruelle et injuste sur le peuple menée par le gouvernement. Maintenant, en ce qui concerne la mauvaise propagande et les accusations à notre encontre, nous ne sommes pas impliqués dans l’incident qui a conduit à l’accident du Gnaneshwari Express. Notre parti du Bengale occidental a déjà clairement fait des déclarations dans cette affaire. Cet incident est survenu à cause de la conspiration ourdie par le PCI (M) [PCI (Marxiste), parti au pouvoir au Bengale Occidental NdT] et les agences de renseignement centrales. Bien que l’enquête judiciaire dans cette affaire ait été remise à la CBI, Umakant Mahato qui était présenté comme le principal accusé, a été attrapé et tué dans une fausse embuscade. C’est aussi une partie de cette conspiration toute entière. Notre parti, qui se bat avec l’objectif de la libération du peuple, n’a jamais mené de raids ou d’attaques visant la population ou dans le but de les tuer et ne le fera jamais à l’avenir.

Notre parti a déjà clairement fait une déclaration énonçant les faits qui ont conduit au dynamitage de l’autobus à proximité de Chingavaram dans le district de Dantewada. Notre parti a également présenté des excuses pour cette erreur. Dans le cas de la décapitation d’Induvar, le Camarade Azad a déjà répondu clairement. La position de notre parti sur ces questions est très claire. Lorsque des exceptions se sont produites, notre parti a donné des explications. Mais les classes dirigeantes ont intentionnellement fait une mauvaise propagande pour diffamer le mouvement révolutionnaire et la résistance du peuple. Le cas du Gnaneshwari Express en est un exemple évident.

Il ya beaucoup de différence entre la question d’Induvar, l’explosion du bus de Dantewada et l’incident du Gnaneshwari. Près de Chingavaram, nos objectifs étaient clairement les Commandos Koya et les SPO [Special Police Officer NdT]. Ces forces assoiffées de sang avaient attaqué un village nommé Kutrem, tué trois adivasis, violé des femmes et en revenaient. Mais nous ne savions pas qu’il y avait des personnes à l’intérieur du bus. Les informations que nous avions étaient que les SPO avaient pris le bus après avoir forcé les gens à descendre. Sur le toit de l’autobus également c’était ce gang de tueurs armés qui se déplaçait. Nous avons donc estimé que c’était une cible militaire et l’avons attaqué. Nous ne sommes pas impliqués dans l’accident du Gnaneshwari. Dans le cas d’Induvar, notre parti a donné une explication claire. En résistant aux gangs de tueurs et à la cruelle violence sans fin perpétuée sur eux, les gens peuvent, dans certains endroits, très rarement et comme exception, avoir recours à de tels actes dans le cadre d’une vengeance. Si nous ne comprenons pas les conditions inégales sociales dans notre pays, nous ne comprendrons pas ce problème. Les conditions dans les zones urbaines sont différentes dans un sens. Dans les zones rurales éloignées, où il ya l’oppression féodale et de caste supérieure la plus cruelle, où les gens souffrent de la violence inhumaine perpétrée par Salwa Judum, Sendra, Harmad Bahini et autres gangs de tueur, où ils sont les victimes des grandes campagnes de destruction de l’Etat, la résistance du peuple peut aussi parfois prendre ces formes. Même dans les zones urbaines, dans les bastis [quartier pauvre NdT] où les gens sont victimes des usuriers notoires, des seigneurs des taudis, des politiciens, des gangs mafieux et des policiers main dans la main avec les gangsters et les politiciens, la résistance du peuple peut également prendre ces formes. Le meurtre du violeur et gangster notoire à Nagpur par les femmes du basti est juste un exemple de nombreux incidents de ce genre. Ceci est juste une explication des raisons pour lesquelles de telles choses arrivent et il est très clair que notre parti ne conduit pas ces incidents en tant que politique. Notre attitude est que nous devons éduquer notre peuple et nos rangs à ce propos. Certains intellectuels qui lèchent les bottes des grandes entreprises font une mauvaise propagande à notre propos en faisant une montagne d’une taupinière.

Lors de l’incident de Jamui, un gang réactionnaire parrainé par le gouvernement avait arrêté huit de nos Camarades dans le village de Phulwaria-Kodasi et les ont tués de la manière la plus odieuse, la plus brutale en leur coupant les membres. Lorsque de tels incidents se produisent, nous ne serons jamais en mesure de protéger notre mouvement ou notre peuple si nous nous taisons et n’agissons pas. C’est pourquoi nous avons été obligés de contre-attaquer. Dans cette attaque, neuf personnes sont mortes dont trois dirigeants principaux de ces goonda [gangster NdT]. Il est extrêmement triste de constater qu’une femme et un enfant aient été pris dans les flammes et qu’ils soient morts accidentellement. Tous les sept autres étaient des criminels endurcis, des tueurs et des éléments lumpen. Notre Comité Spéciale de la Zone du Bihar- Jharkhand a émis une déclaration claire à ce sujet. Elle a été publiée dans les journaux du Bihar et le Bulletin d’Information Maoïste.

Dans l’ensemble, les gouvernements et certains intellectuels payés à leur service nous impliquent faussement et tentent de nous diffamer. Dans certains incidents où nous avons commis des erreurs, ils ne prennent même pas la peine d’écouter nos explications et continuent leur mauvaise propagande à notre égard. En conséquence, notre demande à la population et aux intellectuels en faveur du peuple est de ne pas se laisser tromper par la guerre psychologique du gouvernement. Notre armée populaire, qui s’est constituée pour défendre les intérêts du peuple, mourrait pour le peuple, mais ne cherchera jamais à lui nuire. Donc, essayez de connaître les faits derrière chaque incident. Nous sommes toujours prêts à accepter toute critique adéquate et sommes toujours prêts à corriger nos erreurs, le cas échéant.

Question: La police et les forces paramilitaires qui perdent leur vie dans vos attaques font partie des familles pauvres et de la classe moyenne. D’un côté vous dites que vous avez pris les armes pour leur libération et d’autre part vous anéantissez les personnes de ces classes qui se joignent à la police et aux forces paramilitaires. N’est-ce pas envoyer un mauvais message aux familles pauvres et de la classe moyenne ? Sous quel angle prenez-vous ce problème?

CAMARADE GANAPATHY: Toute personne qui réfléchit politiquement doit comprendre que l’Etat et l’appareil d’État sont les moyens de la classe dirigeante pour perpétuer l’exploitation et l’oppression. Les composants cruciaux en sont les policiers, les paramilitaires et les militaires. Le nombre des exploiteurs est toujours très limité. Ils ne constituent même pas cinq pour cent de notre population. Mais ils détiennent les moyens de production et ont construit la police et l’armée afin d’exploiter et réprimer les vastes masses qui constituent la majorité. Les dirigeants les recrutent parmi le peuple. C’est pourquoi la majorité de ces forces appartiennent aux classes pauvres et moyennes. Ces forces sont en guerre contre le peuple au nom des classes exploiteuses. Comme ce sont les forces qui s’opposent à l’avant-garde dans la guerre, il est inévitable qu’ils meurent dans la guerre de légitime défense du peuple. Mais si l’exploitation et l’oppression doivent être abolies, si le peuple opprimé doit être libéré et que cette situation angoissante doit prendre fin, cette guerre de légitime défense est inévitable.

Dans nos zones, certaines personnes de la police et des forces paramilitaires nous rencontrent. Ils nous aident et nous les aidons aussi sous des formes diverses. Ce n’est que lorsque les forces gouvernementales viennent nous attaquer les armes à la main que nous les attaquons en état de légitime défense. Notre appel répété au personnel de niveau inférieur dans les forces de police et paramilitaires est – s’il vous plaît ne trahissez pas votre propre classe, ne servez pas les classes exploiteuses, n’attaquez pas le peuple et les révolutionnaires de votre propre conscience de manière vindicative, joignez- vous aux masses et tournez vos armes contre les ennemis réels et non pas contre vos frères et sœurs de classe. Ce que vous faites n’est pas au service du peuple, mais au service des classes exploiteuses. Alors arrêtez de servir les classes exploiteuses comme des esclaves. Ne pensez pas seulement à vos moyens de subsistance, s’il vous plaît pensez au peuple, pensez au pays.

Notre appel à leurs familles, c’est qu’ils doivent veiller à ce que les membres de leur famille ne servent pas ce système exploiteur pour des intérêts temporaires; les encourager à être du côté du peuple. Lorsque ces familles résident dans nos zones, nos gouvernements populaires font en sorte qu’elles obtiennent des moyens d’existence suffisants et l’aide nécessaire dans le cadre de ce que le peuple opprimé peut obtenir. Nous voulons à cette occasion clarifier cela une fois de plus à ces familles.

Question: À l’heure actuelle, il semble que votre mouvement soit limité aux zones forestières éloignées et aux adivasis. Vous n’obtenez pas de recrues à grande échelle dans les zones urbaines et les universités comme par le passé. Certaines personnes pensent aussi que vous ne pourrez jamais vous étendre aux zones urbaines. Cela ne vous inquiète-t-il pas ?

CAMARADE GANAPATHY: Après la fusion, nous sommes sortis plus forts dans certains domaines et devenus plus faibles dans certaines régions. Parmi les domaines où nous sommes devenus plus faibles, il y a certaines zones de plaine et certaines zones urbaines. Parmi les domaines où nous nous sommes renforcés, il y a certaines régions éloignées et certaines zones de plaine. Ces hauts et bas sont inévitables dans une guerre prolongée. Il n’est pas vrai que nous avons été complètement éliminés des zones urbaines et des plaines comme certaines personnes en font la propagande ou comme certains autres croient. Comme je l’ai mentionné avant, l’Inde est l’un des pays dans le monde où les mouvements maoïstes progressent. Les impérialistes et les classes dirigeantes de notre pays intensifient ainsi l’offensive pour supprimer notre mouvement. Quand ils concentrent et mènent alors des attaques, nous pouvons subir des pertes. Et nous avons subi des pertes. Ce n’est là qu’un aspect du problème.

Nous avons acquis de nombreuses expériences dans les zones urbaines. Nous avons enrichi notre politique sur le travail en milieu urbain. Nous avons étudié les changements dans les conditions économiques et politiques de notre pays et dans le monde et avons formulé un programme en conséquence. Les Communistes ne travaillent jamais en fonction de leurs volontés et leurs désirs. Ils travaillent en étudiant les conditions objectives dans la société. S’appuyant sur les enseignements positifs et négatifs que nous avons appris, nous essayons de surmonter les pertes.

Le second aspect de ce problème est que nous pouvons subir des pertes dues aux attaques de l’ennemi, mais d’autre part en raison de leurs campagnes de répression, de leurs politiques pro-impérialistes et des actes anti-peuple, ils sont de plus en plus isolés de la population. Cela signifie qu’ils créent eux- mêmes les conditions pour que le peuple se retourne contre eux. Il est vrai qu’à l’heure actuelle nous ne sommes pas en mesure de mobiliser les travailleurs, étudiants et intellectuels comme nous l’avions fait dans les années 70 et 80. Il y a eu des changements et des phénomènes considérables dans ces conditions. Il est devenu très compliqué de travailler dans les zones où l’ennemi est fort et dans le mouvement syndical où les révisionnistes se sont retranchés. Ce n’est pas seulement le cas en Inde. Cette condition est en vigueur dans le monde entier. Mais les révolutionnaires surmonteront certainement ce problème. Afin de libérer ce pays, nous devons nous concentrer sur l’organisation de la paysannerie. À l’heure actuelle, nous allons renforcer notre mouvement parmi les paysans et assurément nous étendre à des zones urbaines. D’autre part, ce mouvement paysan est source d’inspiration pour les villes et le peuple et a un grand impact sur eux. Ainsi, les jours où nous organiserons largement les paysans des zones des plaines, les gens des banlieues et les populations urbaines, ne sont pas si loin.

Aujourd’hui, les travailleurs de notre pays font une fois de plus face aux conditions auxquelles les travailleurs ont été confrontés en Europe au 1gème siècle. La plupart des travailleurs sont contractuels ou journaliers. Ils sont forcés de travailler de 12 à 16 heures dans des conditions horribles. Le gouvernement change les lois du travail pour faciliter l’exploitation impérialiste. Les familles des travailleurs sont forcées de vivre comme des esclaves dans les casernes construites pour eux. Tout est en cours de restructuration. L’ennemi peut se réjouir des pertes qu’il nous a infligées. Mais puisque les gens souffrent, ils se battent contre eux sous des formes diverses. Notre parti mènera avec certitude ces luttes vaillamment et fermement. Toutes les conditions requises pour que le prolétariat et les masses urbaines se lèvent comme une tempête et détruisent le système d’exploitation mûrissent progressivement.

Le gouvernement indien a terminé la mise en œuvre de la politique des réformes de LPG [Libéralisation, Privatisation, Globalisation NdT] de deuxième génération et va mener des réformes de troisième génération. Dans ces circonstances, il va apporter de nombreux types de changements dans la politique éducative en fonction des besoins du capital impérialiste. Dans le contexte des changements dictés par l’impérialisme pris par les classes dominantes dans la politique éducative, les possibilités d’éducation sont en baisse pour les enfants pauvres et les femmes appartenant à la classe ouvrière, la paysannerie, les adivasis, les dalits et les familles des minorités religieuses. La privatisation de l’enseignement diminue les possibilités à chaque jour qui passe. À l’heure actuelle, l’éducation signifie principalement l’éducation dominée par les grandes entreprises. Ce système d’enseignement s’adresse principalement aux intérêts des entreprises nationales et étrangères. Cela crée un gouffre énorme entre les élèves, les enseignants et les parents d’un côté et les classes dirigeantes de l’autre. Cela éclatera bientôt. Notre parti reconnaît la nécessité de l’étudier et de le mener. Nous ferons tout notre possible pour cela.

Autoriser le capital impérialiste dans le marché de détail et l’emprise croissante de l’impérialisme et des grandes entreprises sur l’économie de notre pays afin de surmonter les crises économiques ont conduit à la faillite des petits commerçants et de la petite et moyenne bourgeoisie dans les zones urbaines.

Au nom de l’embellissement des villes, les bidonvilles sont évacués et la classe moyenne est chassée vers les zones suburbaines. La vie de la classe ouvrière et de la population des bidonvilles est dans la tourmente. Parmi ces gens, il y en a beaucoup qui avaient migré vers les villes à partir de nos zones de mouvement. Tout cela accélère le processus de transformation des villes et villages en poudrières. Nous étudions tous ces phénomènes et essayons d’y travailler au sein avec la tactique adéquate.

Toutes les richesses entre les villages et les mégapoles ont été produites par les gens des zones rurales pauvres. Ce sont les travailleurs pauvres, dalits et adivasis qui versent leur sueur et leur sang pour la construction des immenses maisons et infrastructures des seigneurs entrepreneurs Indiens et étrangers. La majorité des ouvriers et des employés qui travaillent dans les centres commerciaux et les entreprises viennent des zones rurales. Que ça soit en termes de liens sociaux, économiques et culturels, ou en termes de relations de mouvement, les villages et les villes ne sont pas deux îlots isolés en tant que tels. Ils s’influencent tous deux mutuellement. Cela crée une base solide pour notre extension. Donc, il est ridicule et irréel de dire que nous ne serons jamais en mesure de nous étendre aux zones urbaines. Si les zones rurales sont libérées en premier, alors en s’appuyant sur leur force et sur les luttes de la classe ouvrière dans les zones urbaines, les villes seront libérées plus tard. Avec la libération des villes, le règne compradore et le contrôle impérialiste seront également contraints de prendre fin dans notre pays.

Question: Quelle est la réaction de votre parti au récent déluge du mouvement populaire au Cachemire et de la répression exercée par les forces armées gouvernementales à ce sujet ? Quelle est votre solution à la question du Cachemire?

CAMARADE GANAPATHY: Le peuple du Cachemire lutte pour son indépendance et son droit à l’autodétermination depuis les soixante dernières années. D’innombrables atrocités, les massacres et la violence sont perpétués par le gouvernement indien pour supprimer cette lutte. Plus de 80 000 Cachemiris ont été assassinés. Bien que les dirigeants indiens affirment qu’ils ont éliminé le militantisme, le peuple du Cachemire s’est levé par vagues au cours de diverses instances. Récemment, durant les manifestations du 11 Juin, plus d’une centaine de jeunes Cachemiris ont été tués par les tirs de la police, des militaires et des paramilitaires. Avec un déploiement de 700 000 forces militaires et paramilitaires, la vallée du Cachemire a été transformée en zone la plus militarisée du monde entier.

Notre parti soutient fermement le juste mouvement du peuple Cachemiri. Leur demande pour l’ « Azadi» (indépendance) et le droit à l’autodétermination est pleinement justifiée. Le Cachemire appartient aux Cachemiris. Il n’a jamais été une partie intégrante de l’Inde. Ni l’Inde ni le Pakistan n’a aucun droit sur lui.

Notre parti condamne cette répression horrible sur le peuple du Cachemire, dans les termes les plus graves. Le peuple indien doit condamner d’une seule voix que le gouvernement continue ses massacres au Cachemire. Notre parti précise que sans faire cela, il n’est pas possible de lutter efficacement contre ou de vaincre l’offensive impitoyable de la classe dirigeante sur le peuple combattif de l’Inde. Notre parti met concrètement en avant les exigences suivantes pour résoudre la question du Cachemire.

  1. Les massacres par les forces armées du gouvernement indien au Cachemire doivent immédiatement s’arrêter !
  2. Retirer les forces militaires et paramilitaires du Cachemire immédiatement !
  3. Annuler immédiatement l’AFSPA (Armed Forces Special Powers Act [Loi sur les Pouvoirs Spéciaux des Forces Armées NdT]) qui autorise l’armée à tuer des gens sans discernement !
  4. Conduire un plébiscite au Cachemire et laisser les Cachemiris décider de leur propre avenir !
  5. Libérer tous les prisonniers politiques sans conditions !

Question : Les jeux du Commonwealth créent la fureur dans tout le pays. Quelle est la position de votre parti à ce sujet ?

CAMARADE GANAPATHY : Les classes dirigeantes ont réalisé une grosse farce au nom des jeux du Commonwealth en dépensant 700 milliards de roupies d’une manière insensible à la peine ou aux préoccupations au sujet de la pauvreté, la faim, l’analphabétisme, le chômage, les maladies, les sans-abri, les déplacements, les inondations et autres problèmes insupportables de la majorité de notre population. Bien que 77 pour cent de la population vivent avec moins de 20 roupies par jour, ils ont amassé des dizaines de milliards de roupies, sous prétexte des jeux. Les dizaines de milliards de roupies censés être dépensés pour les stades, les routes, les bâtiments construits pour les jeux et l’achat de divers équipements ont trouvé le chemin des poches des fonctionnaires corrompus, des ministres et des sous-traitants. Les ouvriers qui ont travaillé dans ces travaux de construction ont été exploités avec des salaires épouvantables.

D’autre part, les vies des gens de la classe ouvrière et de la classe moyenne ont été dans la tourmente à cause de ces jeux. Au nom de l’embellissement de Delhi, des centaines de milliers d’habitants des bidonvilles, les vendeurs de rue et les mendiants ont été chassés. Les déplacements quotidiens ont été restreints au nom de la sécurité. Tout cela n’était qu’un exercice effectué pour les profits des entreprises et les commissions des ministres et des fonctionnaires. En particulier, pour détourner les jeunes de leurs problèmes fondamentaux, pour les faire vivre dans un merveilleux monde illusoire et pour éteindre leur mécontentement, ces jeux ont eu lieu. Le peuple n’a rien gagné de ces jeux, sauf le lourd fardeau fiscal.

En outre, ces jeux du Commonwealth sont en eux-mêmes un vestige du passé colonial qui pue l’esclavage. Les anciennes colonies de la Grande-Bretagne y adhèrent. Mis à part les dirigeants compradores qui servent les néo¬colonialistes (impérialistes), aucun des citoyens qui aspirent à l’indépendance du pays et aucun des patriotes ne pourra jamais digérer le fait que notre pays en soit membre. Tout pays qui se respecte devrait rejeter l’adhésion à une telle association. Nous apprécions la participation d’acteurs provenant de divers pays à des jeux dans le cadre de certains forums. Mais nous ne pouvons soutenir cela uniquement s’ils se tiennent sur un pied d’égalité, sans toute cette extravagance et lorsqu’ils ne compromettent pas la souveraineté de ces pays respectifs.

Question : Le Banc de Lucknow de la Haute Cour d’Allahabad a rendu un jugement en divisant le site en question en trois parties. Quel est votre avis à ce sujet? Quelle solution proposez-vous pour ce conflit?

CAMARADE GANAPATHY: Notre parti a affirmé très clairement notre position sur la démolition de Babri Masjid de nombreuses fois au cours des 18 dernières années. Récemment, le Camarade Abhay, porte-parole de notre CC, a clairement indiqué, dans un communiqué, la position de notre parti à ce sujet. Il est vraiment très triste que le banc de Lucknow de la Haute Cour d’Allahabad ait divisé le site litigieux en trois parties. Il n’y a aucune base scientifique pour cela. Il n’ya pas non plus de preuves historiques à l’appui. Notre parti a toujours et clairement dit dès le début que Babri Masjid doit être reconstruit sur les lieux même où il se trouvait. Il s’agit d’un crime aux proportions himalayennes de le démolir. La position de notre parti est que l’ensemble du site doit appartenir à la communauté musulmane. Au travers ce jugement, l’injustice a été faite à la communauté musulmane.

Sur la question des arguments à propos du lieu de naissance de Rama, qui est censé être l’endroit où a été érigé Babri Masjid, quand on regarde l’histoire de l’Inde, il fut un temps où il n’y avait aucun Masjid, vous savez ! Tout comme l’hindouisme et le bouddhisme se sont propagés à partir de l’Inde et du Népal à l’ensemble du sous-continent indien et de certains pays d’AsieOrientale, toutes les religions, dont l’Islam, se sont répandues dans diverses parties du monde à partir de leur lieu de naissance. Donc, en formulant ce raisonnement et en faisant de ce jugement un modèle, tous les Masjids peuvent être transformés en site litigieux, et peuvent donner naissance à des conflits. Chaque site de prière des communautés minoritaires peut être démoli. Ce danger s’est rapproché de plus en plus. Après ce jugement il y a toutes les chances que l’insécurité continue à augmenter parmi la population des minorités. Comme le porte-parole de notre parti, Abhay, a déclaré, le peuple doit rester vigilant envers les fondamentalistes, en particulier avec les fondamentalistes hindous. A Bhiwandi, Mumbai, Karnataka, Hyderabad, le Gujarat et Odisha tous les incidents qui ont eu lieu au nom des émeutes religieuses ont été fomentés et perpétrés par les classes dirigeantes, en particulier les religieux hindous chauvins. Ce jugement a donné une légitimité à la démolition de Babri Masjid. Aujourd’hui, cette décision de justice a créé des conditions favorables à l’augmentation sous diverses formes de l’agressivité des religieux hindous chauvins sur les minorités religieuses. Donc, nous nous opposons à cette décision de justice. Notre parti affirme que ce ne sera que lorsque les gens de toutes les minorités religieuses, y compris la minorité musulmane, les forces laïques, les forces démocratiques et les peuples opprimés de notre pays combattront unanimement et isoleront les forces fondamentalistes, en particulier les forces religieuses hindoues chauvines, qu’une solution appropriée pourra être trouvée pour ce problème ou à d’autres problèmes du même genre.

Question : Mamata Banerjee [dirigeante du Trinamool Congress, parti de l’opposition au Bengale Occidental NdT] avait exigé une enquête judiciaire sur l’assassinat d’Azad. Le PCI (M) [Parti Communiste d’Inde (Marxiste) NdT] a maintes fois lancé des accusations sur les relations étroites entre le Trinamool Congress et les maoïstes. Avez-vous des relations d’infiltration avec le Trinamool même en le décrivant comme un parti bourgeois ? Comment justifiez-vous cela ?

CAMARADE GANAPATHY: Nous ne sommes pas du tout surpris que Mamata Banerjee ait exigé une enquête judiciaire sur l’assassinat d’Azad. Quiconque est familier avec la situation politique du Bengale ne serait pas surpris de cela. Des organisations démocratiques, des personnalités de renom et des organisations de masse exigent une enquête judiciaire et que les assassins d’Azad soient jugés pour meurtre et punis. Cette demande représente les aspirations du peuple. Elle a exigé une enquête judiciaire en prenant cela en considération. Pourquoi aurait-elle du respect ou de l’affection pour Azad ? Qui peut avoir l’impression qu’Azad ait été assassiné de la manière la plus injuste ? Seuls ceux qui pensent que l’objectif politique pour lequel Azad a combattu est justifié, ceux qui le soutiennent et ceux qui sont attachés à la véritable démocratie condamnent sincèrement son assassinat. D’autres peuvent le condamner pour diverses raisons. Mamata est l’une d’entre eux. Ceux-là le font pour leurs propres intérêts. Même si elle a fait cette demande en tenant compte de ses affrontements avec le PCI (M), et des prochaines élections, elle est bienvenue. Sa demande aidera, dans une certaine mesure, à la lutte du peuple.

En outre, pour les quinze dernières années ou plus, des affrontements graves se sont déroulés entre le Trinamool et le PCI (M). Parfois, dans certains endroits, cela prend la forme d’affrontements armés. Le PCI (M) a formé des gangs social-fascistes armés comme Harmad Bahini et attaque le Trinamool, les maoïstes, les démocrates et le peuple pour les éliminer. Le Trinamool a pris les armes pour lutter contre le PCI (M). Ainsi, afin de riposter à ces attaques et d’arriver au pouvoir aux prochaines élections, il est naturel pour Mamata de dire quelques mots pour attirer le peuple. Dans notre pays, pour les 30 à 35 dernières années, la caractéristique principale qui continue dans la politique du Bengale est que les classes dirigeantes ont pris part à des affrontements armés entre elles. Nous ne trouvons pas cela dans la plupart des autres Etats. Bien que la contradiction entre les classes dirigeantes soit très sérieuse et sous des formes diverses dans les autres Etats, elle n’est pas au niveau des affrontements armés. Cette contradiction s’est reflétée à Nandigram [lieu d’une lutte de masse très importante contre l’implantation d’une usine chimique d’une multinationale NdT] et cela fut utile pour le peuple. Lors des élections municipales et parlementaires tenues après [le mouvement de Nandigram], leTrinamool a remporté plus de sièges. Or, dans les élections pour l’assemblée à venir, la compétition sera encore plus dure. Si elle doit arriver au pouvoir aujourd’hui, elle est obligée de parler comme si elle se trouvait du côté du peuple. Ceux qui ont la haine et horreur du PCI (M) vont certainement lui enseigner une leçon. A l’heure actuelle, tout le peuple et les démocrates du Bengale veulent échapper au tigre auquel ils font face. A l’heure actuelle, pour eux, le tigre de devant est plus dangereux que l’ours qui est derrière. Mais après avoir chassé le tigre, ils ne pourront pas échapper à l’étreinte de l’ours. Notre parti continuera également à mettre en garde la population sur ce danger. Nous leur demanderons de chasser l’ours aussi à l’avenir. Ils auront certainement à lutter contre l’ours. Si les gens ne se débarrassent pas de ces deux menaces, l’un d’entre eux continuera à cavaler sur le dos du peuple.

Demain, même si Mamata Banerjee arrive au pouvoir, elle ne saisira pas les terres des propriétaires terriens et ne les distribuera pas aux paysans pauvres, pas plus qu’elle ne saisira les industries de l’impérialisme et de la grande bourgeoisie. Le peuple n’aura pas non plus la chance de participer librement aux élections. Cela signifie que même si elle arrive au pouvoir, il n’y aura pas de changement fondamental. Toutefois, même si le Trinamool arrive au pouvoir après un long règne des social-fascistes, il lui sera définitivement difficile de gagner une main de fer sur l’administration. Pendant cette période, sans perdre de vue les promesses électorales qu’elle avait fait, elle peut temporairement cesser les attaques sur le peuple. Mais ce ne sera que temporaire. Plus tard, le peuple devra aussi se battre contre son gouvernement.

Et notre parti n’a pas de relations ouvertes ou d’infiltration avec le Trinamool. Mais dans certains cas, même les classes dirigeantes peuvent parler dans l’intérêt du peuple. A certaines occasions, ils prennent en compte des demandes en faveur du peuple afin de mobiliser le soutien du peuple et d’avoir leurs votes. Ils mènent même quelques luttes. Ces luttes existent, bien que leur portée soit très limitée. Lorsque ces gens parlent dans l’intérêt du peuple, nous les examinons concrètement. Comme les contradictions entre les ennemis sont des réserves indirectes pour le prolétariat, en fonction de la situation concrète, notre parti affirme clairement sa position. Notre parti ne sera jamais pour ou contre de telles choses à l’aveuglette. Mais le peuple doit sérieusement essayer de comprendre leur nature de classe et leurs orientations politiques et économiques et ne devrait pas se faire d’illusions à leur sujet. Si de telles illusions existent, c’est la tâche de notre parti de les démasquer.

Lorsque notre position est si claire, il n’est pas du tout correct de parler comme si nous avions des relations avec le parti [de Mamata Banerjee] et comme si nous nous en justifiions.

Question: Le ministère de l’Intérieur a récemment lancé des accusations contre vous affirmant que vous avez bénéficié d’armes et d’argent en provenance de pays étrangers, en particulier de la Chine, du Myanmar et du Bangladesh. Ils vous accusent également d’obtenir de l’aide des organisations séparatistes dans le Nord-Est. Quelle est votre explication?

CAMARADE GANAPATHY: Cette allégation fait partie de la guerre psychologique menée contre nous par les gangs dirigeants qui sévissent à représenter notre Parti comme une organisation terroriste et traître et essayent de nous isoler de la population. Nos armes sont principalement fait-maison. Toutes les armes modernes dont nous disposons proviennent essentiellement des saisies sur les forces armées gouvernementales quand on les attaque. L’ennemi lui-même sait que la saisie d’armes est notre principale source pour obtenir des armes. Notre parti soutient les différentes luttes de libération nationale menées pour la libération de leur nationalité et leur droit à l’autodétermination. Nous avons des protocoles politiques d’entente avec certaines des organisations qui mènent ces luttes. Nous avons également publié des déclarations publiques à ce sujet dans nos magazines. En tant que parti politique révolutionnaire qui représente les larges masses et en tant que parti qui dirigerait le gouvernement qui serait entièrement responsable de ce pays après que nous aurions pris le pouvoir, nous établirions des relations avec les autres pays ayant des systèmes politiques différents dans le monde sur la base de la politique des Panchsheel [ou 5 principes de coexistence pacifique, à savoir 1. Respect mutuel envers l’intégrité territoriale et la souveraineté de chacun 2. Non-agression mutuelle 3. Non-interférence mutuelle dans les affaires de l’autre 4. Egalité et bénéfice mutuels 5. Coexistence pacifique NdT]. Que ce soit aujourd’hui ou demain, nous déciderons de maintenir des relations avec diverses organisations et partis dans le monde dans l’intérêt de la révolution mondiale. C’est une de nos franches politiques de base. Nous avons annoncé cette politique grâce au programme du parti depuis longtemps. Nous achetons également des armes pour répondre aux besoins de notre guerre populaire sur le marché national et international. Il s’agit de la troisième et dernière source de nos armes. Et les allégations formulées par Chidambaram-GK Pillai à propos de l’obtention d’armes et d’argent provenant de ces pays ne sont que des ordures sans fondement.

En fait, c’est le gouvernement indien qui achète des armes, du matériel de guerre et de la technologie moderne des États-Unis, de Russie, de France et d’autres pays impérialistes, en provenance d’Israël et d’autres pays pour réprimer les mouvements démocratiques du peuple, les luttes de libération nationales et les mouvements révolutionnaires. Avec cet arsenal énorme, les expansionnistes indiens sont de plus en plus un péril pour les pays d’Asie du Sud et cela accroît aussi la course aux armements avec le Pakistan. Ils envoient des officiers notoires d’ici dans les agences de renseignement comme le Mossad et la CIA pour les former afin de cibler les Camarades dirigeants des mouvements révolutionnaires et de les tuer. Ce sont les classes dirigeantes et leurs hauts fonctionnaires militaires qui gaspillent l’argent du peuple, se remplissant les poches avec des milliards de roupies au nom des commissions dans ces opérations et trahissant le pays comme de fieffés traîtres. Tout le monde devrait condamner cela, le remettre en question.

Question: Récemment il y a eu des allégations selon lesquelles la direction maoïste obtient des fonds à grande échelle de l’industrie minière et d’autres grandes entreprises. Quelle est votre réponse à ces allégations?

CAMARADE GANAPATHY: Cela fait aussi partie de la fausse propagande du gouvernement à notre égard. Ils affirment même que nous recueillons cinq milliards de roupies par an. GK, PC et Prakash Singh ne se lassent pas de rabâcher notre «extorsion». Il s’agit de la plus fausse allégation qui ait été faite sur nous. Nous la rejetons à juste titre. Peut-être que leurs yeux sont trop habitués à voir des commissions par centaines de millions de roupies et que, par habitude, ils voient également nos collectes en ces termes. Si nous pouvions avoir recueilli même un pour cent de ce montant, nous aurions pu faire beaucoup pour notre peuple ! En fait, notre parti recueille principalement des dons de la population et des fonds des commerçants dans nos zones de guérilla. Nous avons une politique populaire financière claire. Et notre parti prélève également de manière rationnelle les entrepreneurs qui conduisent divers travaux dans nos régions. Une partie considérable de ces fonds est dépensée pour le bien-être du peuple à travers nos organes populaires du pouvoir. Comme pour les sociétés minières, nos gens se battent de leur mieux pour ne pas les laisser entrer dans nos places fortes. Notre parti est à la tête de ces luttes, il les soutient. Donc, la question de la collecte de fonds de leur part ne se pose pas, vous le savez. Les policiers, les responsables gouvernementaux et les partis des classes dirigeantes qui collectent illégalement des dizaines de milliers de roupies de divers organismes, de commissions, et qui envoient leur argent dans les banques suisses n’ont pas le droit moral de nous pointer du doigt.

Question: Quelle est votre évaluation de la politique d’Obama concernant le retrait de l’armée américaine d’Irak et d’Afghanistan, l’accord indo-américain sur le nucléaire et le projet de loi sur la responsabilité nucléaire qui a été adopté récemment? Comment voyez-vous la visite d’Obama en Inde le mois prochain?

CAMARADE GANAPATHY: L’économie des États-Unis s’est effondrée car les États-Unis ont dû dépenser des centaines de milliards de dollars pour continuer la guerre en Irak et des milliers de soldats américains meurent en s’enlisant dans cette guerre et Bush a perdu la face en menant cette guerre avec l’arrogance qu’il serait en mesure de prendre le contrôle de la situation dans un délai de quelques mois alors qu’il n’a pas pu le faire. Pour ces raisons, sans parler d’Obama, Bush avait même de parler de retrait des forces depuis longtemps. L’attaque de l’Irak par les États-Unis est un crime odieux contre l’humanité. En fait, les États-Unis n’ont jamais mené une guerre héroïque là-bas. Les États-Unis ont une force supérieure. Mais ce qu’ils ont fait a été une pluie de dizaines de milliers de tonnes de bombes sur les villes et villages irakiens, tuer des millions d’Irakiens, créer le chaos et détruire l’une des plus anciennes civilisations du monde et son riche patrimoine, sa culture et sa société. Ainsi, dès le jour où ils ont occupé l’Irak, les Etats-Unis ont été en permanence confrontés à la résistance des rebelles, des patriotes et de celles et ceux épris de liberté pour l’Irak.

L’impérialisme américain a complètement détruit l’Etat, l’armée, la magistrature, les organes législatifs et la machinerie administrative construites par Saddam et ont construit aujourd’hui un Etat néo-colonial en mettant en avant leurs marionnettes. Ils ont formé un nouvel état avec les marionnettes. Ils peuvent détruire Saddam et ses partisans, mais ils ne peuvent pas résoudre la contradiction nouvelle qui a surgi entre le peuple et ses marionnettes. Ils sont incapables de réprimer la résistance du peuple. L’armée retirée par Obama est de moins et ce qu’il poursuit est plus. Récemment, quand les forces nationales irakiennes ont mené un raid énorme, l’armée américaine dans les casernes d’Irak est immédiatement sortie.

Après qu’Obama soit arrivé au pouvoir, plus de 30 000 soldats supplémentaires ont été envoyés enAfghanistan par lui. Une fausse farce électorale a été menée au milieu d’une forte opposition du peuple afghan et sa marionnette Hamid Karzaï a été élue. Quatre-vingt dix pour cent des personnes qui meurent dans les bombardements américains sont des citoyens ordinaires. Les troupes de l’OTAN sous le leadership des États-Unis tuent sans discrimination des citoyens afghans. Les atrocités commises par les États-Unis sont tellement horribles que même leur marionnette Karzaï a été contrainte d’ouvrir la bouche. Dans l’ouest du Pakistan, ils tuent des centaines de citoyens ordinaires dans les attaques de drones. Jusqu’à ce jour, le pouvoir de Karzaï se limite aux villes. Le peuple afghan n’a jamais cédé à la domination d’un occupant dans toute son histoire. Ils ont chassé les impérialistes et les occupants de leurs terres, endurant toutes sortes de vicissitudes. Exactement comme dans le cas des impérialistes russes, la terre afghane se révélera être le cimetière des impérialistes américains. Obama met en œuvre les mêmes politiques diplomatiques suivies par Bush en Orient et en Asie du Sud, si elles ne sont pas plus cyniques. La stratégie américaine pour l’hégémonie mondiale de prendre le contrôle de gaz de la mer Caspienne et d’établir des bases permanentes en Afghanistan pour entourer la Chine est vouée à l’échec.

Durant l’UPA-1, le Premier ministre Manmohan Singh, en ignorant la vive opposition de la population, a conclu un accord sur le nucléaire civil avec les Etats-Unis, prouvant être lui-même un serviteur de confiance de l’impérialisme américain. Le projet de loi sur la responsabilité nucléaire qui a été adopté par le Parlement récemment n’est rien d’autre qu’une poursuite de cette servilité. En ce qui concerne l’accident de la fuite de gaz de Bhopal qui a conduit à la mort atroce de milliers de personnes et au désastre pour des centaines de milliers de personnes à Bhopal, les plaies dans les cœurs et les esprits du peuple de l’Inde continuent à être douloureuses jusqu’à ce jour. Et maintenant, le gouvernement de l’UPA a, de la manière la plus éhontée, osé préparer ce projet de loi permettant à un plus grand nombre de «Bhopal» de se produire et d’assurer, même si ces holocaustes ont lieu, les capitalistes étrangers responsables de ces évènements qu’ils seraient mis en liberté avec beaucoup moins de « responsabilité » (tout comme Warren Anderson et Dow Chemicals ont été libérés). Alors que le BJP a aidé le gouvernement UPA à adopter ce projet de loi, les partis parlementaires de gauche qui se disent communistes ont une fois de plus fait la preuve de leur nature au compromis en ne s’opposant pas fermement à ce projet de loi traître et en ne déclenchant pas de mouvement populaire à son encontre. Manmohan Singh a travaillé dur pour s’assurer que ce projet de loi soit adopté avant l’arrivée d’Obama.

L’impérialisme américain, qui a pillé les pays pauvres à travers le monde, réprimant les nationalités opprimées, mettant des voyous notoires et des dictateurs au pouvoir, intimidant ces pays qui ne coopèrent pas, étant prêt à tout pour piller le pétrole, les minéraux et toutes les autres richesses et ressources naturelles, est l’ennemi n° 1 des peuples du monde. Son chef Barack Obama est une personne que l’humanité toute entière doit haïr. Comme son prédécesseur George Bush avait accumulé la haine à travers le monde, les maîtres impérialistes des États-Unis ont amené Barack Obama dans l’objectif de tromper les gens avec sa couleur de peau. Bien qu’Obama ait été si rhétorique contre la politique de Bush, après son entrée à la Maison Blanche, toutes les politiques et les décisions qu’il a prises jusqu’à ce jour ne sont que la continuation de l’administration Bush. En fait la différence entre George Bush et Barack Obama se trouve juste dans leur couleur et dans le nom des partis qu’ils représentent. Il n’ya aucune différence entre eux dans l’exploitation et l’oppression du peuple du monde, des nationalités et pays opprimés et de la classe ouvrière des Etats-Unis. C’est un fait irréfutable que ce président de couleur noire ait été choisi par les vautours blancs les plus notoires des entreprises monopolistiques américaines.

Les classes dirigeantes compradores de l’Inde sont occupées à dérouler le tapis rouge pour accueillir Barack Obama. Accueillir Obama ne veut rien dire d’autre qu’une trahison des valeurs de la souveraineté, de la liberté, de l’indépendance, de l’autonomie, de la paix, de la justice et de la démocratie. Inviter Obama dans notre pays bien-aimé, c’est montrer de la servilité à l’égard de ses politiques bellicistes, envahissantes, exploiteuses et hégémoniques.

Par conséquent, au nom du Comité Central du Parti communiste de l’Inde (maoïste), j’appelle le peuple entier, les révolutionnaires et les organisations démocratiques et toutes les forces patriotiques de l’Inde à montrer votre protestation sous des formes diverses et à faire résonne haut et fort le slogan « OBAMA ! GO BACK ! » d’une seule voix.

Question: Enfin, comment évaluez-vous les principaux succès et échecs après avoir tenu votre Congrès de l’Unité en 2007? Que pensez-vous de l’avenir de la révolution indienne dans l’ensemble?

CAMARADE GANAPATHY: Notre Congrès de l’Unité tenu en Janvier 2007 a pris la tâche principale, immédiate et centrale de l’intensification de la guerre populaire dans tout le pays, le développement de la guérilla en guerre mobile et le développement de l’Armée de Guérilla Populaire de Libération en Armée Populaire de Libération (armée régulière) dans le but d’établir des Zones de Base. Ainsi, notre Congrès nous a donné de nombreuses tâches telles que l’intensification des luttes de masse, l’extension du mouvement, la construction et le renforcement du Front Uni. Pour les trois dernières années et demi, notre parti tout entier s’est battu par tous les moyens pour accomplir ces tâches en se fondant fermement parmi le peuple. Dans ce processus, nous avons remporté quelques succès notables. Nous avons été confrontés à certains manquements graves. Nous avons acquis beaucoup d’expériences précieuses. Nous avons appris des leçons importantes. Dans l’ensemble, lorsque nous regardons nos réussites, nous pouvons certainement dire que les bases nécessaires pour faire avancer la révolution indienne sur le chemin de la victoire en remportant plus de victoires à l’avenir ont été renforcées.

Si on regarde le succès

  1. Au cours des dernières trois années et demi, dans de nombreux domaines de notre pays un déluge de luttes de masse a éclaté sous la direction de notre parti. Surtout au Dandakaranya, Bihar, Jharkhand, Bengale occidental, Odisha, Maharashtra et Andhra Pradesh, les gens ont participé à grande échelle dans les luttes contre le pillage de leurs ressources par les sociétés indiennes et étrangères et en particulier contre le déplacement des adivasis.

Bien que les classes dirigeantes indiennes aient formé des bandes armées (goonda) comme Salwa Judum, Sendra, Nagarik Suraksha Samiti et Harmad Bahini et perpétré de terribles violences et atrocités contre le peuple, ils se sont battus courageusement sous la direction de notre parti et avec le soutien de notre PLGA. A Kalinganagar, Singur, Nandigram, Lalgadh, Narayanapatna, Dumka, Polavaram, Lohandiguda, Raoghat, Pallamad et beaucoup d’autres endroits, les gens se sont mobilisés à grande échelle et ont participé à des luttes. Nandigram, Lalgadh et Narayanapatna se sont imposés comme de nouveaux modèles de luttes de masse. Dans les différents programmes, nous avons pris place sur des questions politiques, nous avons mobilisé des dizaines de milliers de personnes. Les gens ont répondu largement à notre programme politique de boycotter les élections des assemblées de divers états et du Parlement. Dans nos zones de mouvement, les gens ont boycotté les élections à grande échelle et ont mis en évidence très fortement la nécessité du pouvoir politique populaire. Dans le cadre de l’opération Green Hunt, effectuée en coordination entre les gouvernements central et étatiques depuis la mi-2009, le peuple a été massacré. En dépit de cela, des milliers de personnes opprimées, en particulier les adivasis et les femmes, ont participé à plusieurs programmes contre la répression étatique et sur diverses questions politiques au Dandakaranya, Bihar et Jharkhand, Bengale occidental et Odisha et Andhra Pradesh.

  1. Une autre victoire importante est l’émergence du pouvoir politique démocratique populaire à un niveau primaire et de son renforcement et extension comme une alternative au système étatique des féodaux et de la bourgeoisie bureaucratique compradore, organisé avec le soutien des impérialistes. Dans nos zones de guérilla principales de Dandakaranya et du Bihar et du Jharkhand, des Comités Révolutionnaires Populaires (CRP) ont été formés et sont en fonctionnement. Ils se renforcent et s’étendent. A Lalgadh et Narayanapatna qui ont récemment émergé sur la scène politique de notre pays, les organisations du pouvoir populaire qui ont été formées à un niveau primaire en ayant le développement populaire au centre, même au milieu de l’offensive de l’ennemi, ont attiré l’attention du peuple de notre pays. Ils ont renversé la domination des classes locales exploiteuses et mettent en place la direction populaire à un niveau primaire. Ces nouveaux organes du pouvoir politique travaillent dans les domaines de l’éducation, la santé, l’assainissement, les installations d’eau et le développement de l’agriculture, en ayant le développement populaire réel comme but. Ils sont une grande inspiration pour les peuples opprimés, les organisations démocratiques et les intellectuels dans tout le pays. Ils sont au premier plan en tant que système populaire alternatif réel. Comme une réponse au faux modèle de développement des exploiteurs, ces nouveaux organes du pouvoir politique amènent un modèle de développement populaire authentique.
  2. Au cours des trois dernières années et demi, la guérilla s’est intensifiée et se poursuit maintenant à un niveau plus élevé. Nos guérilleros/as populaires ont mené des attaques vaillantes sur les forces de police, les paramilitaires et les commandos qui ont recours aux atrocités et à la violence et qui massacrent les gens pour accomplir les intérêts des classes exploiteuses. Nos guérilleros/ as ont éliminé des centaines de mercenaires et ont saisi des centaines d’armes modernes et munitions, améliorant notre arsenal. La guerre de guérilla qui se déroule sous notre direction inspire et donne confiance en soi à la population. Défendant le pouvoir politique du peuple qui se développe à un niveau primaire et défendant les vies et les biens du peuple, notre armée populaire est apparue comme le réel sauveur du peuple. Bien que l’ennemi conduise de nombreuses campagnes de répression, installant une chape de plomb en déployant des dizaines de milliers de policiers et de paramilitaires et menant des attaques en permanence, notre PLGA grandit de plus en plus grâce au soutien actif de la population.
  3. En particulier, lorsque nous observons la situation à partir de notre Congrès de l’Unité jusqu’à maintenant, l’émergence de notre parti sur la scène politique du pays comme une force politique alternative majeure est un autre succès important. Les gens comprennent de plus en plus que notre ligne politique est correcte. Maintenant, les citoyens de notre pays montrent plus d’intérêt à connaître nos positions et les solutions concernant les nombreux problèmes rencontrés par notre pays. Depuis 63 ans, les gens sont frustrés par la faillite politique des différents partis de la classe dirigeante exploiteuse, des révisionnistes qui se font appeler des partis de gauche et des religieux hindous chauvins. Il est maintenant clair qu’ils sont de plus en plus influencés par la politique des maoïstes et qu’ils se rapprochent de plus en plus d’eux que par le passé. Nous croyons que cela servira d’assurance pour la formation d’un front uni fort, large et étendu à tout le pays dans l’avenir.

Parallèlement à ces grands succès, nous avons fait face à des manquements et échecs graves. Les principaux sont …

  1. Comme nous avons perdu des dirigeants lors d’attaques de l’ennemi, nous avons subi des pertes sérieuses. Après l’achèvement du Congrès de notre Parti, un nombre considérable de nos membres du CC ont été capturés par l’ennemi et ont été soit tués dans de faux affrontements soit mis en prison. C’est le très grand obstacle auquel nous sommes confrontés dans la réalisation de nos objectifs. Sans aucun doute, cela aura de graves répercussions sur la révolution indienne.
  2. En raison de l’offensive sévère de l’ennemi et notre incapacité à la comprendre correctement, à formuler des contre-tactiques adéquates et à les mettre en œuvre, nous avons été affaiblis dans certains domaines et nous nous sommes retirés de certaines zones.

Ce sont nos principales réussites et principaux échecs. Pendant ce temps, les conditions de vie de la classe ouvrière dans notre pays sont de pire en pire. La paysannerie est de plus en plus pauvre en raison des politiques imposées par les féodaux et les exploiteurs impérialistes et les paysans sont des dizaines de millier à avoir recours au suicide. Au nom de nouvelles politiques, la pénétration du capital étranger dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’industrie, de la défense, des transports, des médias, du commerce, etc., s’est intensifiée. L’exploitation, l’oppression et le contrôle des impérialistes ont augmenté à un niveau sans précédent depuis 1947. La répression sévère se poursuit au Cachemire et sur les peuples du Nord-Est qui se battent pour leur libération nationale et le droit à l’autodétermination, y compris le droit à la sécession. En raison de la politique suivie par les expansionnistes indiens en collusion avec les impérialistes américains, ils sont amèrement haïs par le peuple de l’Asie du Sud. Les sections les plus socialement opprimées des dalits, des adivasis, des femmes et des minorités religieuses souffrent de plusieurs problèmes. L’Etat sème la terreur contre les forces qui luttent contre ces problèmes. Les droits civils deviennent totalement absents. Aucun des problèmes fondamentaux de la population ne sont en mesure d’être résolus dans la configuration actuelle. L’annonce par le Premier ministre que nous allons devenir une force économique au 21ème siècle et que nous atteindrons une croissance économique à deux chiffres est de la poudre aux yeux. Alors que les entreprises appartenant à des gens comme Ambani, Tata, Mittal, Jindal et Essar amassent d’énormes richesses et augmentent le taux de leur «développement» à un rythme rapide, ils jettent les grandes masses dans le tourbillon de la pauvreté insupportable, la faim, le chômage, etc.

Lorsque nous examinons tous ces problèmes, il devient de plus en plus clair que les contradictions fondamentales dans notre pays, c’est à dire la contradiction entre le féodalisme et les vastes masses, entre l’impérialisme et le peuple indien, entre le capital et le travail ainsi que les contradictions au sein des classes dominantes s’approfondissent. Notre parti avance avec une attitude de prise en main des problèmes du peuple. Notre ligne politique met l’accent sur la solution à ces problèmes. Nous croyons que le mouvement révolutionnaire indien n’avancera sur le chemin de la victoire que par la Guerre Populaire menée sous la direction de notre parti, tout en renforçant notre armée populaire dans le but d’établir des zones de base et le Front Uni formé par l’union de toutes ces forces sous la direction du prolétariat. Nous croyons aussi que son avenir dépendra de la façon dont ce processus progressera. Dans l’ensemble nous regardons l’avenir du mouvement révolutionnaire indien avec beaucoup d’optimisme.

Notre parti fait office de lueur d’espoir pour les masses opprimées de notre pays. Au milieu de ce système décadent, corrompu et détesté, notre parti scintille comme une étoile. Nous ne sommes pas en train de dire que nous avons des solutions toutes faites à toutes les complexités existantes dans la révolution mondiale et la révolution indienne. Mais nous avons une ligne politique correcte. Nous sommes convaincus que nous pouvons résoudre tous ces problèmes dans un processus de faire de la nouvelle révolution démocratique un succès en tant que première étape vers le socialisme et le communisme. Nous croyons que tous les problèmes rencontrés par la société peuvent être résolus à la lumière du marxisme-léninisme-maoïsme. De même, nous allons apprendre des expériences internationales. Nous allons appliquer l’idéologie marxiste-léniniste-maoïste à la pratique concrète de la révolution indienne. Nous allons nous battre contre le dogmatisme et l’empirisme qui relèvent leur tête dans la pratique. Nous allons adhérer fermement à la ligne de masse et nous nous consacrerons à réaliser les aspirations et les espoirs de notre peuple. Nous allons résolument lutter contre les tendances opportunistes de gauche et de droite et contre le révisionnisme qui peuvent surgir dans notre parti et dans le mouvement communiste international. Cependant, il y a des chances que des erreurs et des accidents se produisent au cours du processus révolutionnaire. Nous accepterons donc nos erreurs avec une attitude sincère d’auto-critique et d’humilité. Nous allons corriger nos erreurs. Nous allons avancer dans la voie de la révolution jusqu’à la victoire finale dans cette grande guerre menée pour établir une société où il n’y aura aucune place pour la faim, l’injustice, la pauvreté, l’analphabétisme, le chômage, la hausse des prix, le déplacement, l’intouchabilité, la discrimination, les maux sociaux, etc., par la libération de notre pays bien-aimé de l’exploitation et de l’oppression du féodalisme, de l’impérialisme et du capitalisme bureaucratique compradore. Notre parti a émergé d’innombrables sacrifices de nos cadres et dirigeants. Ils donnent leur vie sans broncher pour la démocratie populaire et le communisme. Ces martyrs désintéressés et exemplaires sont la lueur d’espoir de notre société. Nous allons tenir bien haut leur tradition révolutionnaire estimée. Nous allons établir leurs nobles valeurs humaines dans cette société. Nous éviterons les pertes qui peuvent l’être et afficherons la conscience communiste, le courage, la détermination et le sacrifice pour combattre l’ennemi cruel. Dans ce processus, notre parti se forgera lui-même dans les flammes de la lutte des classes.

De nombreuses régions ont déjà été développées en zones de guérilla dans notre pays. Dans de nombreux domaines le pouvoir d’Etat populaire s’est manifesté sous une forme embryonnaire. La PLGA grandit en force et en capacité. La guerre de guérilla s’intensifie. Ce nouveau pouvoir est en développement comme principale forme d’un nouvel Etat démocratique. Mais en comparaison avec la population de plus de 1,10 milliards et l’immensité de notre pays, notre parti est très faible. Nous devons voyager très loin. Certes, le chemin est épineux. Mais si nous continuons dans la voie révolutionnaire, l’avenir s’éclaircira grandement.

Contrairement aux partis parlementaires et à toutes sortes d’organisations réformistes, le PCI (maoïste), qui est basé sur des cadres ayant une foi inébranlable dans leur but, une nature au sacrifice et au dévouement, est brillant comme un soleil radieux, illuminant toute l’obscurité qui entoure notre pays. Le peuple indien veut la révolution. Il avance dans la voie de la Guerre Populaire pour la construction d’une nouvelle société. L’aube de la nouvelle révolution démocratique se déroule. Marchons vers la lumière de la nouvelle société qui se déroule à l’horizon. Lal Salaam !

 

Version imprimable ici

Source